Déménagement : Où vont tous ces Franciliens qui fuient Paris ? L’Insee le révèle dans une étude

ALLEZ VIENS JE T’EMMENE AU VENT L’Insee a passé à la loupe les déménagements des Parisiens vers les villes de province et leurs conséquences, compilées dans une étude

Mathilde Ceilles
Alors, on va où Liliane ?
Alors, on va où Liliane ? — AFP
  • Une étude de l’Insee publiée ce jeudi s’intéresse aux départs des Franciliens de la capitale vers les villes de province.
  • Certaines villes sont particulièrement plébiscitées par ces Parisiens, et on vous laisse découvrir lesquelles.
  • Des déménagements qui ne sont pas sans conséquence, notamment sur les écarts de vie avec leurs nouveaux voisins.

En 2018, ils ont été près de 101.000 à fuir la capitale, l’équivalent d’une ville comme Boulogne-Billancourt. Où vont donc tous ces Parisiens qui quittent la ville Lumière ? Dans une étude menée notamment par François Dubujet, responsable des études démographiques et sociales à l’Insee Île-de-France, les déménagements des Parisiens en 2018 sont passés à la loupe… et font tomber certains fantasmes qui entourent ce phénomène, bien réel.

Ainsi, selon cette étude, la majorité des Parisiens qui quittent la capitale s’installent à Lyon, toutes catégories d’âge confondues. Toulouse occupe la deuxième place dans le cœur de ces Parisiens excédés par la capitale, suivie de Nantes, Bordeaux et Marseille. Ces Franciliens sont majoritairement des couples ou des personnes seules et ont moins de 45 ans. Ce podium change toutefois légèrement pour les Parisiens les plus âgés. Ceux entre 40 et 59 ans plébiscitent en effet majoritairement Marseille, tandis que les plus de 60 ans optent pour une retraite au soleil à Nice.

Des écarts de vie importants

Il suffit d’étudier les caractéristiques de leurs habitations pour comprendre que le beau temps marseillais ou les bons restos lyonnais ne sont pas l’unique motivation de ces Franciliens. En effet, si 30 % d’entre eux vivaient dans une maison avant de déménager, 46 % font ce choix, une fois arrivés en province. Avec un gain de place non négligeable : la surface habitable de leur résidence passe de 62 m² à 86 m² en moyenne.

Des déménagements qui ne sont pas sans conséquence. Si les Parisiens n’ont de Parisiens que le nom une fois installés à Lyon, Nantes ou Bordeaux, ils en ont encore le portefeuille. Et il est plutôt bien garni, puisque ces anciens Franciliens en partance pour la province jouissent d’un niveau de vie plus élevé que ceux qui restent, avec un revenu médian de 2.230 euros, contre 2.050 euros. Or, selon l’Insee, ces anciens Franciliens ont ainsi en moyenne un niveau de vie plus élevé de 15 % que les provinciaux du même âge qu’ils côtoient lorsqu’ils s’installent. Ces écarts se creusent dans certaines villes, selon François Dubujet, puisqu’il est de 18 % à Marseille, 27 % à Lyon et même 33 % à Nantes.

Le phénomène d’exode des Parisiens vers la province ne semble pas connaître la crise depuis la crise sanitaire, bien au contraire. Si l’étude porte sur des données antérieures à la pandémie, encore trop récente pour que l’institut dispose de données consolidées, l’Insee a relevé une mobilité accentuée pour les élèves du premier degré en Île-de-France. La région comptabilisait ainsi quatre élèves partant pour un entrant en 2021, contre deux partants pour un entrant en 2019.