Alpes-Maritimes : Où en est le projet de nouvelle prison à Nice ?

30 ANS QUE ÇA DURE Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a affirmé la semaine dernière être toujours favorable à la construction d’une nouvelle maison d’arrêt et être en discussion avec le maire de Nice

Elise Martin
— 
La prison actuelle de Nice. (Illustration)
La prison actuelle de Nice. (Illustration) — SYSPEO/SIPA
  • Depuis des années, le projet d’une nouvelle prison à Nice est annoncé.
  • Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, a une nouvelle fois évoqué le sujet sur le plateau de RMC et BFMTV en affirmant « être en discussion » avec le maire de Nice.
  • Actuellement, la surpopulation carcérale est de 151 %. Qu’en est-il alors de ce projet pénitentiaire qui permettrait d’avoir 650 places ? Une nouvelle prison n’est pas forcément la solution, selon l’Observatoire international des prisons.

Interrogé la semaine dernière sur le plateau de RMC et BFMTV sur la surpopulation carcérale en France, Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, répondait immédiatement être « encore en train de discuter avec le maire de Nice pour un nouvel établissement pénitentiaire à Nice ». Ce projet de nouvelle prison est une priorité pour le gouvernement. Comme pour celui de Manuel Valls à l’époque. Et comme pour les différents Gardes des Sceaux qui se sont succédé depuis des années. On fait le point.

Combien de personnes sont détenues ?

Selon l’Observatoire international des prisons, au 1er août 2022, la maison d’arrêt de Nice qui date de 1897, comptait 436 hommes détenus pour 276 places et 34 femmes détenues pour 39 places. La surpopulation carcérale est alors en moyenne de 150 %. Le projet de nouvelle prison devrait contenir 650 places.

Qu’est-ce qui bloque ?

Depuis l’annonce de nouvelle prison à Nice, plusieurs pistes de lieu ont été trouvées entre le Peillon, Saint-Laurent-du-Var ou encore, le plateau Tercier et même à Saint-Roch ou la caserne Auvare (après son déménagement dans le nouvel hôtel des polices) à Nice. Sans finalement trouver de consensus. En 2021, le président du département Charles Ange Ginésy, le député Eric Ciotti, le maire de Nice Christian Estrosi et celui de Grasse, Jérôme Viaud, s’étaient mis d’accord et avaient envoyé un courrier au ministre de la Justice. Ils proposaient une réhabilitation de la prison actuelle de Nice et une extension de celle de Grasse pour permettre 500 places supplémentaires.

Contactée par 20 Minutes, la porte-parole du ministère de la Justice a affirmé « qu’aucun terrain n’avait été déterminé ». Elle ajoute : « Plusieurs terrains sont à l’étude et tout est fait en concertation avec les communes. » Elle explique que déterminer le lieu « prend du temps car c’est une zone dense et un projet très conséquent où énormément de paramètres rentrent en compte ». De son côté, la ville de Nice a indiqué « ne pas faire de commentaire sur ce sujet », en soulignant que « la décision appartenait au ministère ».

Mais alors, y aura-t-il une nouvelle prison un jour ?

Au moment de ses annonces en 2016 sur la priorité du chantier de Nice, Manuel Valls disait qu’il « fallait dix ans pour bâtir une prison » et donc « agir vite ». Est-ce que cette date limite peut être envisagée ? Au ministère de la Justice, la réponse est claire : « La construction d’un nouvel établissement pénitentiaire dans les Alpes-Maritimes est toujours d’actualité au vu du manque considérable de places mais aucune date n’est encore déterminée. Nous ne pouvons pas dire si en 2027 la nouvelle prison sera construite. »



Pour Charline Becker, coordinatrice pour la région sud est de l’Observatoire international des prisons, les solutions à cette surpopulation carcérale et donc à ce projet « ne passent tout simplement pas par une nouvelle prison ». Elle développe : « La particularité de l’actuelle prison de Nice est qu’elle est l’une des plus vétuste et des plus surpeuplées. En construisant davantage de places, les maisons d’arrêt seront tout aussi remplies. » Selon elle, la meilleure solution est de « dépénaliser certains délits », « mettre un frein aux comparutions immédiates où les prévenus finissent davantage en prison », « d’accentuer les aménagements de peine » et finalement, « mettre le budget des constructions dans la réinsertion ».