Mulhouse : La ville et la SPA dénoncent le salon du chiot

ANIMAUX « Un chiot n’est pas une marchandise », a lancé la maire de Mulhouse, à quelques jours du salon du chiot dans sa ville. La SPA est d’accord, l’organisateur réagit

Thibaut Gagnepain
Des chiots (illustration).
Des chiots (illustration). — Geoff Robinson/REX/SIPA
  • Un salon du chiot doit avoir lieu ce week-end du 23 et 24 septembre à Mulhouse. Mais à quelques jours de sa tenue, la maire de la ville et la SPA dénoncent ce rendez-vous.
  • « Les familles succombent à l’effet "trop mignon" et oublient souvent qu’ils s’engagent pour des années et qu’il faudra du temps et de l’investissement pour s’occuper de l’animal », juge une adjointe de la ville en regrettant « l’achat d’opportunité » qui a lieu selon elle sur ce type de rendez-vous.
  • « Les salons de ce type existent depuis vingt-cinq ans, avec seulement des éleveurs professionnels avec de nombreux agréments. Ils nous parlent d’achats compulsifs mais il me semble qu’à minimum 700 euros le chiot, les gens réfléchissent un minimum », réagit l’organisateur du salon

Les villes du Haut-Rhin et le salon du chiot, épisode deux. Comme en décembre dernier à Colmar, une nouvelle mairie a dénoncé la tenue d’un tel événement dans son agglomération. Ça se passe cette fois à Mulhouse, à quatre jours du rendez-vous organisé samedi et dimanche prochains.

« Un chiot n’est pas une marchandise à acheter mais un animal à adopter ! », a écrit hier l’édile Michèle Lutz (Les Républicains) dans un communiqué rédigé avec la Société protectrice des animaux (SPA). Ils dénoncent « l’achat d’opportunité » qui aurait lieu, selon eux, « dans ce genre de rendez-vous ». « Les familles succombent à l’effet "trop mignon" et oublient souvent qu’ils s’engagent pour des années et qu’il faudra du temps et de l’investissement pour s’occuper de l’animal… Dès que cela deviendra trop contraignant (départ en vacances, frais de nourriture, soins, stérilisation…), ils s’en sépareront », juge encore l’adjointe Catherine Rapp.

Une sortie qui rappelle les prises de position du maire de Colmar en fin d’année 2021. « Les chiots ne sont pas des jouets ! Je considère à titre personnel que ces ventes sont scandaleuses », écrivait alors sur sa page Facebook l’élu LR en s’engageant à « interdire l’organisation de salons tel que celui-ci lors du renouvellement de la délégation du service public du Parc des Expositions en 2027 ».



« A minimum 700 euros le chiot, les gens réfléchissent »

Ce week-end à Mulhouse, le salon du chiot devrait également avoir lieu au Parc des Expositions. Joint par 20 Minutes, l’organisateur, qui a signé des contrats, ne compte pas y renoncer. « Je ne veux pas entrer dans la polémique, chacun a le droit de penser ce qu’il veut », réagit le représentant légal de Event’s com. Kevin Blaison l’avoue néanmoins, il a du mal à comprendre les accusations que suscite son rendez-vous.

« Les salons de ce type existent depuis vingt-cinq ans, avec seulement des éleveurs professionnels avec de nombreux agréments. Ils nous parlent d’achats compulsifs mais il me semble qu’à minimum 700 euros le chiot, les gens réfléchissent un minimum… En plus, l’entrée est payante ! Qu’on ne me dise pas non plus que les acheteurs abandonnent tous ensuite leurs animaux, qui sont identifiés. Oui, il y a malheureusement des abandons mais ce n’est pas lié aux salons. »

Contactée également, la SPA de Mulhouse réitère son opposition à l’événement. « Pour adopter, on peut aller dans des refuges ou chez des éleveurs locaux, insiste son directeur Georges Azar. Là, les éleveurs viennent d’abord pour vendre car ils ont payé leur place et sont pressés. Ils ne prennent pas le temps d’expliquer tout ce qu’il faudrait. »

Le responsable se souvient ainsi d’un cas extrême, « arrivé il y a quatre ans ». « Une dame avait acheté un chiot à 11 heures et l’a déposé chez nous à 16 heures. » Depuis le 1er juin, son antenne a recueilli 131 chiens.