Hérault : Ce que l’on sait des accusations de viols dans un monastère orthodoxe

ABUS SEXUELS Au quotidien « Libération", trois frères évoquent des viols dont ils auraient été victimes, à la fin des années 1970, dans un monastère orthodoxe de l’Hérault

Jérôme Diesnis
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Illustration d'une église orthodoxe.
Illustration d'une église orthodoxe. — OLGA MALTSEVA AFP
  • Trois frères décrivent au quotidien « Libération » des abus sexuels qu’ils auraient subis à la fin des années 1970 dans un monastère orthodoxe de l’Hérault.
  • Les faits sont prescrits et les deux hommes présentés comme des auteurs des faits sont décédés.
  • L’église orthodoxe de France a annoncé l’ouverture d’une enquête interne et annonce être prête à coopérer avec les pouvoirs publics pour ces cas et tout autre relevant de son autorité.

Dans un document publié par le quotidien Libération, trois frères témoignent des viols qu’ils auraient subis au sein du monastère de Saint-Nicolas de la Dalmerie, dans l’Hérault.

Que disent les victimes ?

Dans leur témoignage, les trois frères dénoncent des faits de pédocriminalité dont ils auraient été victimes. Les faits se seraient déroulés à la fin des années 1970, au sein de ce monastère dans l’Hérault. Ils auraient été victimes de viols, au cours de trois étés de suite, entre 1978 et 1980. La première fois, ils étaient âgés de 8, 10 et 12 ans. Leur tortionnaire serait un moine âgé à l’époque d’une trentaine d’années. Un homme aujourd’hui décédé. Le plus âgé des frères explique avoir également été violé par un autre prêtre de l’établissement.

Quelles suites légales ?

Les trois frères ont déposé plainte auprès de la gendarmerie, en 2008 et en 2009. Mais, sous le coup de la prescription, ces plaintes ont été classées sans suite. Ce n’est que récemment que les délais en termes de prescriptions pour ce type de crimes ont été allongés à 30 ans, à partir de l’âge de la majorité. En 2008 et 2009, ils n’étaient encore que de 20 ans. Les préjudices subis ne pourront donc jamais être réparés légalement. D’autant que les moines qu’ils désignent sont aujourd’hui décédés. Le plus jeune des frères a déposé une demande de relevé de forclusion. Si elle était acceptée, elle permettrait une indemnisation par le fonds de garantie des victimes.

Quelle est la réponse du monastère ?

Contacté par Libération, le responsable actuel du monastère assure croire les victimes, mais explique n’avoir rien décelé de ces faits à l’époque, alors qu’il n’était pas le responsable du monastère. En revanche, il explique au quotidien avoir été au courant de relations consenties des deux hommes avec d’autres mineurs. « Il n’était pas rare qu’ils aient des relations avec des adolescents. En général plutôt 16 ans (…) Ces faits sont un abcès dans l’histoire de ce monastère, je l’assume aujourd’hui. Je prends l’engagement solennel que rien de tout cela ne se reproduise », cite le quotidien.

Quelle est la réponse de l’église orthodoxe ?

Elle a été immédiate. Dans un communiqué de presse, le Métropolite Dimitrios de France, responsable de l’église orthodoxe de France, évoque son « profond effroi devant les horreurs subies et les souffrances endurées depuis ». Le chef de l’Église orthodoxe en France, intronisé en septembre 2021, propose aux victimes, « s’ils le veulent bien, de les rencontrer ». Il juge « leur prise de parole (…) fondée » et la juge « salutaire pour la recherche et l’établissement de la vérité. »

Quelles conséquences au sein de l’église orthodoxe ?

L’église orthodoxe annonce l’ouverture d’une enquête interne. « C’est avec une grande tristesse que nous constatons le manque de vigilance dont purent alors bénéficier ces pédocriminels se revendiquant de l’institution (…) qu’ils ont déshonorée », reprend le Métropolite Dimitrios. « Nous nous engageons à diligenter sans délai une enquête ouverte et transparente sur ce monastère, sur son passé et sur son présent. A demeurer attentif à tout nouveau cas qui pourrait se révéler dans ce cadre ou de n’importe quel autre relevant de notre autorité et à coopérer avec les pouvoirs publics ».