Toulouse : Le député François Piquemal a dormi sous la tente aux côtés de jeunes migrants

POLITIQUE Le député LFI a mené cette action symbolique pour demander un toit pour cette centaine de jeunes migrants sans solution d’hébergement

Béatrice Colin
Le député Nupes-LFI, François Piquemal, a passé la nuit sur le campement d'une centaine de migrants, au centre de Toulouse.
Le député Nupes-LFI, François Piquemal, a passé la nuit sur le campement d'une centaine de migrants, au centre de Toulouse. — B. Colin
  • Le 26 août dernier, sur décision du tribunal administratif, et à la demande de la mairie, une centaine de jeunes étrangers ont été évacués d’un ancien Ehpad de Toulouse.
  • Installés depuis sur les allées Jules-Guesde, en plein centre-ville, ils ont reçu hier à nouveau le soutien du député insoumis François Piquemal.
  • Ce dernier demande aux autorités de se mettre autour de la table pour trouver une solution à ces jeunes étrangers qui demandent à être reconnus comme mineurs isolés.

Il a planté symboliquement sa tente au milieu des dizaines d’autres qui depuis trois semaines ont pris place sur les allées Jules-Guesde, en plein centre de Toulouse. François Piquemal, député de la 4e circonscription de la Haute-Garonne (Nupes-LFI) a décidé d’apporter à nouveau son soutien à une centaine de jeunes migrants, sans solution d’hébergement depuis le 26 août dernier et leur évacuation d’un ancien EHPAD. Il a dormi avec eux.

Ces jeunes étrangers, qui pour la plupart ont quitté l’Afrique de l’Ouest il y a plusieurs mois pour la France, ont fait une demande pour être reconnus comme mineurs isolés. Déboutés, ils sont en attente d’une décision. En attendant, ils campent en espérant trouver une solution, soutenus par un collectif d’associations.




« La préfecture parle de solutions individuelles, les jeunes de solution groupée. Ce qu’il faut, c’est que tout le monde se mette autour de la table pour discuter, c’est une question d’humanité. Ce qui fait le plus mal à la ville, en termes d’image et de solidarité, c’est de laisser des dizaines de jeunes à la rue. Même l’archevêque est venu les voir, alors que la mairie ne veut pas en entendre parler », tacle l’élu qui fut il y a quelques années porte-parole du Droit au logement dans la Ville rose. Des nuits à la belle étoile, il en a vécu plusieurs aux côtés des demandeurs d’asile.

Cours la journée

Et il connaît donc particulièrement bien le dossier, qu’il compte porter au niveau parlementaire. Mais d’ores et déjà, il a annoncé qu’il allait interpeller le ministre du Logement sur le cas de ces jeunes.

Comme Junior, venu de Côte d’Ivoire et qui espère retrouver une scolarité. « Il y a des associations et des gens de bonne foi qui nous aident, mais on se sent gêné aussi d’être ici, pointé du doigt parfois », relève-t-il avant d’aller échanger quelques mots avec le député.

La journée, il suit les enseignements dispensés par les membres de l’association « Tous en classe 31 ». « On arrive à faire cours, on se met sur les pelouses. C’est aussi utile pour les occuper et les distraire de leur situation », avance Jean-François Dasso, un enseignant à la retraite qui donne de son temps. A chaque fois que la justice reconnaît un jeune mineur, et permet sa prise en charge scolaire, ce bénévole est heureux. Comme ce jeune homme au large sourire, véritable force de la nature, qui est inscrit en lycée professionnel. Après un entraînement de boxe à Bagatelle, il vient apporter sa solidarité à ses copains de galère, avant de retourner dans son foyer.

« La moindre des choses est de montrer à ces jeunes qu’il y a une autre France, qu’il existe une France solidaire », conclut François Piquemal qui espère que son geste portera.