En Charente-Maritime, l’ONF mise sur le dialogue pour éviter l’embrasement

INCENDIES Les agents font de la prévention au quotidien auprès des usagers de la forêt

20 Minutes avec AFP
Phare de la forêt de La Coubre et vue de plage de mer en Charente maritime dans la côte atlantique en France
Phare de la forêt de La Coubre et vue de plage de mer en Charente maritime dans la côte atlantique en France — Getty Images/iStockphoto

Ils se méfient de la moindre étincelle. Dans les forêts de résineux de la Côte sauvage de Charente-Maritime, classée en risque sévère incendie pour les feux de forêts, deux agents de l’ONF surveillent les touristes au comportement dangereux.

Philippe Lequeux, 64 ans, sillonne ainsi la forêt domaniale de la Coubre, sur la commune de La Tremblade, dans son 4x4 Suzuki. « Il y a matière à feu », s’inquiète cet agent de l’Office national des forêts qui parcourt chaque jour cette forêt de pins maritimes et de chênes verts de 5.000 hectares.

« Vous jetez un mégot là-dedans, et ça part à vitesse grand V », lance son collègue Dominique André en désignant un tas de feuilles de palmiers desséchées, trouvées sous un chêne à une dizaine de mètres de la route. Une fois écartées, on voit qu’elles dissimulaient des morceaux de vieilles plaques d’amiante.

Les quads et motocross, « vrais fléaux »

Ce jour-là, le duo d’agents, habillés d’un ensemble polo-pantalon vert au logo de l’ONF, armés d’un revolver « pour marquer l’autorité », ne trouvent que quelques traces de feux de camp et de sardines de tente. Pas de moto-cross ou de quads, les « vrais fléaux » pour les gestionnaires des forêts.

Il faut aussi contrôler les parkings qui bordent le domaine, interdits aux véhicules après minuit et longtemps considérés comme « résidences d’été » par les camping-caristes, jusqu’à la mise en place de portiques de 2,10 m de hauteur, raconte M. Lequeux.

Le duo y piste surtout réchauds à gaz et cigarettes, dans cette zone où tous les restaurants affichent désormais un écriteau « interdit de fumer, risque élevé d’incendie » sur décision du préfet.

« Concernant les barbecues, à part quelques exceptions le soir sur les parkings, les gens ont pris conscience du danger. Mais la cigarette, ils pensent pouvoir gérer », se désole Philippe Lequeux.

Systématiquement une excuse

« Les feux, je sais. Pas de problème. Je ne fume pas, pas de gaz », se défend en quelques mots de français Thomas K., un touriste allemand de 55 ans, aux deux agents venus lui rappeler, à l’heure du petit-déjeuner, l’interdiction de stationner la nuit près des arbres.

« J’ai fait le tour des campings, mais ils étaient complets, alors on a dormi ici. Juste une nuit », explique en anglais, ce surfeur berlinois, qui voyage en van avec sa fille. L’homme et son véhicule avaient été repérés au même endroit la matinée précédente, rit jaune Dominique André, mais faute de flagrant délit, impossible de verbaliser les campeurs une fois le jour levé.

Les deux agents misent quotidiennement sur la pédagogie, le rappel à la loi et évoquent les récents incendies qui ont défrayé l’actualité. L’amende de 135 euros est réservée aux fumeurs les « plus récalcitrants » ou aux auteurs de feux de camp.

Sur les parkings, ceux qui sont pris en faute ont quasi systématiquement une excuse à la clé : un touriste belge fume à la portière mais a « une bouteille d’eau pour les mégots », ce couple qui a dormi en van « sait » se comporter en forêt car « on est Landais », tandis que ce père de famille lyonnais qui file à toute allure en trottinette électrique, cigarette au bec, sur une piste goudronnée remplie d’aiguilles de pins séchées, ne « pensait pas qu’il y avait un danger ».