Lyon : Zone grise, la Porte des Alpes aspire à devenir un territoire « décarboné et accueillant »

URBANISME Trois équipes d’urbanistes ont été sélectionnées par la métropole de Lyon pour imaginer la Porte des Alpes en 2030, 2040 et 2050. Les communes de Bron, Chassieu et Saint-Priest participeront à cette concertation durable

Jennifer Lesieur
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Le Parc technologique et la ZAC Champ du Pont de la Porte des Alpes, côté Saint-Priest.
Le Parc technologique et la ZAC Champ du Pont de la Porte des Alpes, côté Saint-Priest. — Thierry Fournier
  • Une démarche prospective a été lancée par la métropole de Lyon pour transformer la Porte des Alpes, pôle économique peu attractif pour les riverains, plus durable et accueillante.
  • Déjà rompues à l’exercice, trois équipes d’urbanistes, deux Parisiennes et une Bruxelloise, ont été sélectionnées pour imaginer comment transformer ce territoire selon les enjeux actuels.
  • Les maires des communes de Bron, Saint-Priest et Chassieu, sur lesquelles s’étend la Porte des Alpes, ont réclamé des propositions pragmatiques.

Avec ses 1.300 hectares répartis sur les communes de Bron, Chassieu et Saint-Priest (Rhône), la Porte des Alpes est une zone grise de la métropole de Lyon. Bien qu’elle constitue un important pôle économique, avec ses 13.000 emplois, le territoire évoque davantage des zones commerciales sans âme, des routes et des ronds-points qu’un quartier à investir, encore moins à habiter.

Suivant sa politique de réaménagement urbain durable, la métropole de Lyon a présenté ce mercredi une prospective urbaine pour transformer ce « territoire stratégique » en une « Porte des Alpes décarbonée, résiliente, accueillante, à la fois pour les riverains et pour une économie durable », selon Béatrice Vessiller, déléguée à l’urbanisme de la métropole.

Des atouts cachés à mettre en valeur

« Ce secteur a été urbanisé depuis 50 ans dans des logiques qui ne sont plus celles d’aujourd’hui », remarque-t-elle, tout en relevant ses atouts : « De grands espaces naturels et agricoles, une ressource d’eau potable, et d’autres caractéristiques à prendre en compte pour en faire un territoire résilient et adapté aux enjeux actuels : du climat, de la qualité de vie, de la sobriété foncière, de l’agriculture de proximité. » Gilles Gascon, maire LR de Saint-Priest, caresse même l’ambition « d’inscrire ce territoire durablement dans le XXIe siècle, et de faire de la Porte des Alpes, le territoire de la Grande Porte des Alpes ».

Une démarche prospective est donc lancée pour imaginer la Porte des Alpes dans 10, 20 et 30 ans. Y participeront les trois communes suscitées, et trois agences d’urbanisme, extérieures à la région, choisies pour leur complémentarité. Emeline Baume, déléguée à l’économie, précise que leurs références concernent « aussi bien des territoires français qu’européens, confrontés aux mêmes enjeux que les nôtres. Nous avons un an pour proposer une diversité de travaux, encadrés par un comité scientifique », dit-elle.

Imagination et pragmatisme main dans la main

Chloé Nachtergael, de l’agence belge 51N4E, ne cache pas son enthousiasme. « Notre équipe est très jeune, très engagée et très européenne, et on sort tout juste d’un projet pour décarboner le Luxembourg jusqu’en 2050. Est-il possible de faire une Porte des Alpes décarbonée, qui stocke plus de carbone qu’elle n’en produit ? Voilà les questions qu’on se pose déjà », avoue-t-elle. Olivier Lacombe, de Lafayette Architectes, veut d’abord savoir « comment embarquer les acteurs économiques dans cette transition, et concernant les habitants, comment faire émerger les qualités du quotidien ». Pour Magali Volkwein, de l’agence Devillers et Associés, « c’est un sujet qui va nous obliger à activer l’imaginaire, à dépasser les raisonnements techniques dans un premier temps, à rendre nos idées accessibles ».

« J’entends parler d’imaginaire, mais n’oubliez pas d’être pragmatiques et fonctionnels », s’exclame alors Jean-Jacques Sellès, le maire DVD de Chassieu. Jérémie Bréaud, maire LR de Bron, les prie aussi de ne pas oublier les maires dans cette concertation. « Vos scénarios ne doivent pas aller à l’encontre de ce que l’on vit », rappelle-t-il aux trois urbanistes, « car ça reste aux mairies de gérer le quotidien sur le terrain. »