Marseille note « un changement de comportement » des touristes

ILS SONT LÀ ! La saison touristique s’annonce record à Marseille. Et les touristes ne se comportent plus comme avant le Covid-19 en termes de nuitées ou de planification de leurs vacances

Alexandre Vella
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Sur le Vieux-Port, à l'été, les touristes s'y plaisent
Sur le Vieux-Port, à l'été, les touristes s'y plaisent — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • La saison touristique s’annonce record à Marseille. La clientèle européenne est en hausse comparée à l’année 2019, qui sert de référence.
  • La crise du Covid-19 semble également avoir quelques effets durables sur la provenance géographique des visiteurs. On remarque que les fortunés Russes et Chinois manquent à l’appel.
  • Dans les Bouches-du-Rhône, Arles est une des nouvelles destinations plébiscitées. Si Aix-en-Provence est toujours prisé l’absence des touristes russes et chinois se fait sentir.

Marseille fonce vers un été de tous les records. Quoique de certains on s’en passe bien (coucou les canicules) et que d’autres n’ont en fait rien d’exceptionnel (coucou l’instabilité à l’OM), le soleil brille comme jamais dans le ciel des hôteliers. « Pour la première fois depuis la crise sanitaire du Covid-19, les taux d’occupations dans les hôtels dépassent ceux de 2019 », note l’office du tourisme.

Et les perspectives pour le mois de juillet sont de la même trempe : « Au 15 juin, le taux de réservation était de 73 % pour le mois de juillet, contre 40 % à la même époque en 2019 », relève Nicolas Guyot, vice-président du syndicat hôtelier et propriétaire d’un établissement sur le port. La durée moyenne des nuitées en ville s’approche de deux, signe que les visiteurs viennent poser leurs valises dans l’une des 7.000 chambres des 103 hôtels que compte Marseille.

Séjours un peu plus longs ; des réservations plus tôt

La crise du Covid-19 semble également avoir quelques effets durables sur la provenance géographique des visiteurs. « D’ordinaire, en juin, nous avons une clientèle à 70 % française. Cette année celle-ci est tombée à 60 % », poursuit Nicolas Guyot. Avec principalement une hausse des visiteurs venus de pays européens voisins, « beaucoup plus nombreux que les autres années », preuve que Marseille figure désormais dans les incontournables « city trip » (Allemands, Espagnols, Italiens et Britanniques en top 4). Avec à la clef, « un changement de comportement certains ». Des séjours un peu plus longs et des réservations plus tôt. « Planifier, c’est déjà un peu voyager », avance notre hôtelier comme explication. 

Reste qu’une clientèle habituellement aisée fait cruellement défaut cette année, bien que celle-ci ait été visiblement compensée par d’autres : Russes et les Chinois manquent à l’appel. « Mais les Russes ne représentaient en 2019 que 0,6 % des visiteurs », tempère l’office du tourisme. Au moment de se demander ce que font nos chers touristes une fois les classiques Vieux-Port – Bonne Mère – Calanques réalisés en autonomie, le top 3 des visites guidés proposés par l’office du tourisme a de quoi étonner. Si le quartier du Panier, évidemment, y figure, l’attractivité de la Cité Radieuse et du quartier de la Treille (avec un parcours sur les traces de Marcel Pagnol), surprend.



Ailleurs dans le département, les autorités touristiques observent « une explosion d’Arles » consécutivement aux investissements réalisés (la tour Luma, notamment) et la bonne résistance d’Aix-en-Provence, la ville « haut de gamme » par excellence, qui souffre, elle, davantage du recul des fortunés Russes et Chinois.