Enseignement : « Ça n’a pas de prix »… Les parents adeptes du privé expliquent leur choix

VOTRE VIE VOTRE AVIS Les parents qui ont opté pour le privé pour l’éducation de leurs enfants ne regrettent pas leur choix. Ils nous racontent leurs motivations et leurs expériences.

Richard Monteil
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Lève la main si t'es dans le privé //AMEZUGO_0000457/2209011119 — UGO AMEZ/SIPA
  • En France, les enseignements public et privé se côtoient et permettent aux parents qui en ont le moyen de choisir plus librement le cadre dans lequel ils souhaitent voir leur enfant grandir et apprendre.
  • L’enseignement privé, bien plus onéreux qui l’école publique gratuite à l’inscription, semble tenir ses promesses pour les lecteurs de 20 Minutes qui ont répondu à un questionnaire sur le sujet.
  • Ecoute, dialogue, les adeptes du privé expliquent ce qui les a séduits.

Public ou privé ? « C’est extrêmement dur de choisir », assure Amandine, soucieuse d’offrir à sa progéniture la meilleure éducation possible par le biais de l’école. « Nous avons fait l’inscription au public puis changement pour le privé. Avec moins d’élèves par classe, on s’est dit, que le suivi serait mieux… À voir ! »

Comme Amandine, de nombreux parents se posent la question chaque année, et une minorité d’entre eux finit par esquiver l’inscription en mairie, séduite par l’enseignement privé. Nos lecteurs qui ont fait ce choix mettent en avant la qualité de son accompagnement pédagogique, la discipline qu’il impose, mais aussi un profond rejet de l’école public pour des raisons plus ou moins avouables.

Le sens du dialogue

« J’ai scolarisé mes deux garçons de 3 et 4 ans dans le privé. Non pas par conviction religieuse ou autre, mais pour l’ensemble du projet pédagogique », confie Marie. Les témoignages affluent dans ce sens.

D’après Virginie, maman de deux enfants placés dans le privé, les adultes y sont « présents pour les faire grandir et pas seulement pour leur donner des connaissances ». Gwendoline fait le même constat : « Mes enfants sont suivis dans leur scolarité par le corps enseignant et une multitude de choses peuvent être mises en place afin d’accompagner au mieux l’enfant sur le chemin de la réussite. »

Le bien-être des enfants

Entre la maternelle et le baccalauréat, les enfants sont voués à passer la majeure partie de leur temps à l’école. Alors certains parents souhaitent que leurs enfants évoluent dans un cadre de vie qui corresponde à leurs attentes.

Si Audrey a évité le collège public de son secteur à ses enfants, c’est en partie à cause de « sa sectorisation ». L’établissement en question « était dans un quartier défavorisé. Nous voulions offrir un meilleur établissement et un meilleur environnement à nos enfants », explique-t-elle.

Rejet du public

A lire les témoignages des parents qui ont fait le choix du privé pour l’éducation de leurs enfants, leur décision semble avoir été prise dans une logique de rejet de l’école publique, soit par méfiance, soit à l’issue de mauvaises expériences.

D’après Christian, dans le privé, « il y a moins de jours de grève, les absences sont remplacées plus systématiquement ». « J’ai inscrit mon enfant au lycée privé cette année car je veux qu’elle réussisse son bac et qu’elle puisse travailler dans de bonnes conditions sans grève, sans manque de professeurs », renchérit Delphine.

Plusieurs parents regrettent d’avoir un temps placé leurs enfants dans le public. Charlotte évoque « l’enfer » vécu par son fils, victime de harcèlement au collège avant de s’épanouir « pour la première fois de sa vie » depuis son arrivée dans un établissement privé où d’après sa mère, les professeurs informés de son passé ont pris particulièrement soin de lui.

Des regrets, il y en a aussi chez Jean-Pierre. Il en veut aux maîtresses de son fils qui n’ont pas détecté sa dyslexie et lui ont permis de passer de classe en classe, jusqu’en CE2, sans savoir lire et écrire comme il l’aurait dû. Un retard rattrapé au prix de nombreux efforts, plus tard, et dans le privé.

Pour certains parents, le choix du privé s’inscrit aussi dans le rejet de la diversité promise par l’école de la République. En des termes plus ou moins racistes que nous ne reproduirons pas ici, ces parents-là trouvent dans l’enseignement privé un moyen de tenir leurs enfants à l’écart de la mixité à laquelle ils prêtent de nombreuses tares.

Pour un prix compris entre 400 et 1.300 euros par an et par enfant, nos lecteurs qui ont choisi le privé n’ont aucun regret. « On se serre la ceinture, mais c’est l’avenir de mes enfants. Ça n’a pas de prix », assure Gwendoline.