Pour aider l’agriculture, le président Emmanuel Macron appelle à « consommer français »

SOUVERAINETE Le président français s'est rendu au rendez-vous annuel des jeunes agriculteurs, à Outarville

20 Minutes avec AFP
Emmanuel Macron aux terres de Jim, le rendez-vous annuel des jeunes agriculteurs
Emmanuel Macron aux terres de Jim, le rendez-vous annuel des jeunes agriculteurs — Jacques Witt/SIPA

Emmanuel Macron a appelé vendredi à « acheter » et « consommer » français, car la défense de la « souveraineté agricole et alimentaire » est « la mère des batailles » dans le contexte de la guerre en Ukraine et des crises climatique et énergétique.

« Nous traversons une période très particulière, grave, difficile, qui suppose la mobilisation de tous », a déclaré le chef de l’Etat dans un discours aux Terres de Jim, le rendez-vous annuel des jeunes agriculteurs, qui se tient ce week-end à Outarville (Loiret), dans la Beauce.

Ne pas « se réveiller avec la gueule de bois »

« Cette souveraineté agricole et alimentaire » est « absolument indispensable (…) c’est la mère des batailles » et « on a besoin de tous nos compatriotes pour qu’ils comprennent que acheter français, consommer français, aimer notre agriculture, c’est la clé pour garder cette souveraineté et ne pas se réveiller demain avec la gueule de bois », a-t-il ajouté en concluant son discours.

Après avoir rappelé les différentes mesures d’urgence prises par le gouvernement pour soutenir les filières agricoles ces derniers mois, il a insisté sur la nécessité de « sortir de la dépendance » aux engrais et intrants de Russie et de Belarus, et de faire face à la hausse des prix de l’énergie, « qui est une arme de guerre » pour Moscou.

Une loi d’orientation et d’avenir agricole en 2023

Accompagné du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, le chef de l’Etat a axé cette année sa visite à Terres de Jim sur le dossier sensible du renouvellement des générations en agriculture, alors que quelque 100.000 fermes devraient changer d’exploitants d’ici 2030.

Il a proposé que des consultations se tiennent dans les six prochains mois en vue de la mise en oeuvre d'« un pacte de renouvellement et d’avenir pour l’agriculture », qui passera notamment par une « loi d’orientation et d’avenir agricole en 2023 », qui doit elle-même fixer un cap pour 2030.

Il s’agira d’un temps d’échanges « sur les sujets d’orientation, de formation, de transmission et de transition » entre le ministère de l’Agriculture, les professionnels, les régions… qui va permettre de fixer les paramètres de la loi.

Incubateur et fonds d’entrepreneurs

Emmanuel Macron a indiqué qu’un « réseau d’incubateurs d’entrepreneurs d’entreprises agricoles innovantes » sera mis en place, que 20 millions d’euros seront investis pour l’enseignement agricole dans le cadre du fonds compétence de France 2030.

Il a en outre annoncé qu’un « fonds entrepreneurs du vivant » sera « doté de 400 millions d’euros » pour aider « les jeunes à s’installer, à lisser la charge pendant plusieurs années et à mener les transformations indispensables » pour s’adapter à la transition écologique.

Pour lui, la préservation des terres agricoles est liée à la transition agroécologique avec à la clé, dans certains cas, un changement de cultures, une adaptation au climat, et le développement du carbone-farming, c’est-à-dire développer massivement la séquestration du carbone dans les sols agricoles.