Saint-Ouen va équiper les cantines de toutes les écoles de purificateurs d’air

INFO « 20 MINUTES » Une étude de l’association Respire réalisée dans deux classes de la ville de Saint-Ouen indique que le niveau de certaines particules polluantes baisse de 44 % avec les purificateurs

A.L.
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Illustration: des enfants dans une salle de classe à Paris.
Illustration: des enfants dans une salle de classe à Paris. — CHAMUSSY/SIPA
  • « A partir de septembre 2022, toutes les cantines scolaires seront dotées de purificateurs d’air et de capteurs de CO2 », annonce Sabrina Decanton, première adjointe au maire de Saint-Ouen.
  • L’élue s’appuie sur une étude de l’association Respire réalisée dans une école de la ville, qui indique que les purificateurs d’air permettent de réduire de 44 % la pollution aux particules fines PM2.5 (des particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres).

La ville de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) va doter ses cantines scolaires de  purificateurs d’air. La décision, annoncée à 20 Minutes par la première adjointe chargée de la transition écologique, a été prise à la suite d’une étude menée par l’association Respire dans une école de la ville, qui montre une diminution de la pollution de certaines particules fines de 44 % en moyenne une fois ces purificateurs installés.

« A partir de septembre 2022, toutes les cantines scolaires seront dotées de purificateurs d’air et de capteurs de CO2 », annonce Sabrina Decanton, première adjointe au maire de Saint-Ouen, déléguée à la transition écologique, aux mobilité́s, à la nature en ville et aux relations avec la métropole.

Une réduction de 44 %

L’association Respire a mené une étude dans deux classes de l’école élémentaire Anatole-France, à Saint-Ouen, du 3 janvier au 1er juillet 2022. Dans ces deux classes très similaires et contiguës, situées à proximité immédiate des travaux de construction du village olympique des Jeux olympiques 2024, le taux de PM2.5 (des particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres) dépassait le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé de 5 micromètres par mètre cube environ un jour sur deux dans chaque classe.

L’installation de purificateurs d’air a permis de réduire significativement le taux de ces particules, de 44 % en moyenne pour les deux classes. « Le niveau de concentrations de PM2.5 dans une classe avec des purificateurs en fonctionnement baisse de 44 % en moyenne par rapport à une classe sans purificateur en fonctionnement sur une journée de cours », indique l’étude.

Electrofiltration

Les purificateurs installés utilisent une technologie d’électrofiltration. L’air chargé de particules polluantes est aspiré par l’appareil, elles sont ensuite chargées électriquement par les ions négatifs produits à l’intérieur de l’appareil, explique l’association Respire dans son étude. Les particules sont attirées électrostatiquement sur les plaques polarisées et sont emprisonnées à l’intérieur de l’appareil. L’air épuré est ensuite diffusé hors de l’appareil par un ventilateur. Les purificateurs ont été co-développés par la marque Teqoya avec l’industriel Aldes. Cette technologie est « peu consommatrice en énergie » et ne nécessite pas remplacer les filtres, selon l’association Respire.

Cécile Caudron, ingénieure au Cerema et pilote de la thématique qualité des environnements intérieurs, prévient : « Les purificateurs recommandés par le Haut conseil à la santé publique, dans son avis de 2021, sont des purificateurs à filtration HEPA 13. Il s’agit de filtres physiques. Là, on est sur de l’électrofiltration. Sur cette technique, les avis sont partagés, si l’ionisation ne se fait pas bien, il n’y a pas de filtration ».

Rendre visible la pollution

L’ingénieure ajoute que les purificateurs d’air ne doivent être utilisés qu’en dernier recours, quand des politiques publiques de réduction de la pollution extérieure ne peuvent être mises en place. « Il faut d’abord, et en priorité, réduire les sources de pollution extérieure, et aérer », indique Cécile Caudron.

Cette expérience a toutefois convaincu la ville de Saint-Ouen de généraliser le dispositif à l’ensemble des cantines scolaires de la ville. Pour Sabrina Decanton, l’initiative est d’autant plus intéressante qu’elle a permis aux élèves de se rendre compte de manière concrète de l’existence de la pollution, les élèves étant invités à nettoyer la machine. « En regardant ce qu’ils ont nettoyé, les enfants se sont rendu compte de ce qu’était la pollution. Cela participe à rendre visible ce qui ne l’est pas toujours, à rendre concret ce qui est très abstrait », se réjouit la première adjointe.

La ville de Saint-Ouen a décidé d’équiper ses cantines scolaires et non toutes ses classes, pour des raisons budgétaires et d’équité. « On ne voulait pas que des écoles se sentent lésées », nous explique Sabrina Decanton. Mais la ville ne s’interdit pas d’élargir ensuite le dispositif à l’ensemble des classes.

Dans une précédente étude réalisée à Paris en 2021, dans deux écoles du 9e arrondissement, l’association Respire affirmait que les purificateurs d’air permettent de réduire de 20 à 30 % la pollution aux particules.