Rentrée des classes 2022 : Cours oasis, géocooling… Comment limiter l’impact des futures vagues de chaleur

AU FRAIS Les vagues de chaleur ont donné un accélérateur aux projets de transition écologique dans les établissements scolaires. Les cours oasis font des émules pour rafraîchir les écoles, mais pas que…

B. Colin avec les bureaux régionaux 20 Minutes
A Toulouse, comme dans de nombreuses villes en France, les cours oasis, plus végétalisées, plus fraîches et avec moins de bitume, se démultiplient.
A Toulouse, comme dans de nombreuses villes en France, les cours oasis, plus végétalisées, plus fraîches et avec moins de bitume, se démultiplient. — B. Aïach/ Mairie de Toulouse
  • En juin dernier, en plein Brevet et Bac, les températures ont atteint des niveaux records dans les classes de l’Hexagone.
  • Alors que ces vagues de chaleur risquent de se reproduire de plus en plus souvent à cette période, les collectivités ont décidé d’investir dans la rénovation énergétique des bâtiments scolaires.
  • Les extérieurs sont aussi de plus en plus déminéralisés au profit de végétaux et matériaux garantissant plus de fraîcheur. Ces cours oasis poussent un peu partout le bitume hors des écoles.

En juin, les thermomètres ont affiché parfois jusqu’à 35 °C dans certaines classes. Entre ventilateurs, leçons sous les arbres et parfois, dans certaines académies, annulations purement et simplement des cours, les enseignants ont dû composer avec les vagues de chaleur qui ont touché l’Hexagone. Des températures auxquelles il va falloir certainement s’habituer au cours des prochaines années si on en croit l’étude de l’Insee et Météo-France parue mardi et qui montre que dans les 30 ans à venir, 65 % de la population française vivra au moins quinze jours de températures anormalement élevées l’été.

Si de nombreux élus ont pris conscience il y a longtemps des conséquences du réchauffement climatique, les derniers jours de classe de juin, doublés de la montée au créneau des parents d’élèves et des syndicats enseignants, ont enfoncé le clou. La plupart des mairies, conseils départements et régionaux, qui gèrent respectivement les écoles, collèges et lycées, se sont lancés il y a quelques années dans la construction d’établissements à énergie positive, mieux isolés.

Haro sur la clim

Et il en va de même dans le cadre des programmes de rénovation énergétique. C’est le cas en Haute-Garonne où le département doit adopter à l’automne un vaste plan qui passera par l’installation de brise-soleil là où c’est nécessaire ou encore la végétalisation des cours. Mais pas question pour autant d’installer des climatisations partout. « On améliore les bâtiments, mais on ne va pas contribuer au réchauffement climatique contre lequel on lutte en installant des climatisations », explique Vincent Gibert le vice-président du conseil départemental en charge de l’Education.

Depuis 2016, une centaine de collèges de ce territoire sont équipes de capteurs qui collectent les données énergétiques et environnementales. Et dans chaque nouvelle construction, une étude d’ensoleillement a lieu en amont pour connaître les moyens à déployer pour limiter la surchauffe, comme l’installation de sondes géothermiques à 150 m de profondeur et système de « géocooling » qui utilise la température du sous-sol pour rafraîchir le bâtiment, sans utiliser la pompe à chaleur géothermique.

Des techniques de plus en plus éprouvées et qui se développent pour permettre aux salles de classe de respirer. Mais cela se joue aussi dans les cours où le bitume renvoie la chaleur. Quand c'est possible, certains se lancent dans la création de micro-forêt, comme celle de 200 m2 créée au collège Georges-Sand de Toulouse.

Le hit de l'été, les cours oasis

La région Occitanie va, elle, débuter cette année, dans certains lycées, la désimperméabilisation des cours de récréation, notamment à Jean-Monnet à Montpellier. C’est ce que l’on appelle désormais couramment les cours « oasis », qui font la part belle aux végétaux et îlots de fraîcheur.

A Toulouse, cinq nouvelles écoles en bénéficient depuis cette année. « Les cours oasis sont des cours que l’on végétalise, que l’on débitumise. On remet en pleine terre 30 % de la cour, on éclaircit les sols, on met des bardages en bois autour des arbres. On installe des jeux plus variés, qui font appel à l’imagination, plutôt dans le mode terrains d’aventure où l’on sait qu’il y a plutôt moins d’accidents que dans des cours classiques », explique l’adjointe à l’Education, Marion Lalane de Laubadère.

A l’autre bout de la France, la mairie de Lille a lancé un vaste plan de débitumisation de ses cours de récré en installant des pavés drainant à la place, et en végétalisant, permettant d’installer des espaces pour faire l’école dehors. Aubervilliers a aussi inauguré ce jeudi matin ses trois premières cours « oasis » pour un montant de 1,8 million d’euros et espère en convertir autant chaque année.

Le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, s’est lancé l’an dernier dans les cours buissonnières. En plus d’être plus végétalisées et d'utiliser, par exemple, un revêtement en liège, elles sont aussi plus mixtes, le terrain de foot pouvant ainsi disparaitre du centre de la cours. Toutes les écoles et crèches de la ville vont voir leurs cours transformées d’ici 10 ans.

Si de nouvelles vagues de chaleur avaient lieu en juin prochain, tout ce ne sera pas encore au point. A la fin de l’année scolaire, alors que les enfants et professeurs transpiraient à grosses gouttes, la FCPE avait remis l’idée sur le tapis de « moduler les cours et donner un congé aux parents ». Mais là, la question est d’un autre ressort, celui du ministère.