Rentrée des classes 2022 : Quelles sont les nouveautés attendues au collège ?

EDUCATION Le nouveau ministre de l’Education veut réformer le collège. Et pour ce faire, il lance dès cette année une série d’expérimentations…

Delphine Bancaud
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Les élèves du collège Les Battières de Lyon, en 2021.
Les élèves du collège Les Battières de Lyon, en 2021. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Lors de sa conférence de presse de rentrée la semaine dernière, Pap Ndiaye a fait part de sa volonté de mener « un travail approfondi sur le collège, afin d’en faire un lieu où tous les élèves progressent. »
  • Plusieurs dispositifs vont être expérimentés cette année : une demi-journée de découverte des métiers, des évaluations nationales des élèves de 4e en maths et en français, et deux heures de sport en plus par semaine.
  • Il souhaite aussi accorder une attention particulière à la classe de 6e, qui fera l’objet d’expérimentations pédagogiques.

Lors du quinquennat précédent, le lycée avait été lifté, et c’est désormais au tour du collège. Le nouveau ministre de l’Education, Pap Ndiaye, a fait part de sa volonté de mener « un travail approfondi sur le collège, afin d’en faire un lieu où tous les élèves progressent », lors de sa conférence de presse de rentrée, la semaine dernière. Il a dit vouloir engager « à partir de cet automne la réflexion avec les instances concernées. »

Car les résultats des élèves ont dégringolé ces dernières années : « La part d’élèves en difficulté a bondi de 10 points en dix ans. Et un collégien sur quatre n’a pas le niveau attendu en fin de 3e », a souligné le ministre. Dès cette rentrée, des premiers changements vont être lancés, avant que d’autres décisions ne soient prises. « Nous travaillons à un collège qui permette aux élèves de progresser en passant par une nouvelle méthode qui est celle de l’expérimentation », a insisté Pap Ndiaye.

Plusieurs dispositifs vont donc être testés cette année dans certains établissements, avant d’être généralisés s’ils donnent de bons résultats. 20 Minutes fait le point.

La découverte des métiers via la demi-journée « avenir »

Les collèges volontaires pourront proposer à la rentrée des demi-journées de découverte des métiers, chaque semaine dès la classe de 5e et jusqu’à la 3e. Ces activités prendront « la forme de visites d’entreprises, de mini-stages, de rencontres avec des professionnels de différents secteurs d’activité… », détaille la circulaire de rentrée 2022.

Une mesure que redoutent les syndicats enseignants. « On ne veut pas que ce soit du pré-recrutement d’ados de 12 ans pour le lycée professionnel », commente Jérôme Fournier, secrétaire académique du SE-Unsa. « Si c’est pour les faire quitter précocement le système scolaire, c’est scandaleux », ajoute Gwenaël Le Paih, secrétaire général adjoint du Snes-FSU. Les syndicats craignent aussi que cette demi-journée ne prenne trop de temps : « Où va-t-on ajouter ces demi-journées dans les emplois du temps ? », interroge ainsi Jérôme Fournier.

La manière dont sera orchestrée la découverte des métiers pose aussi question : « Il ne faut pas que la découverte des métiers ne se fasse qu’au travers de grandes entreprises. Alors que les PME sont celles qui recrutent le plus en France », ajoute le syndicaliste.

Evaluations des élèves de 4e

Après les évaluations nationales en français et mathématiques en CP, Ce1, 6e et seconde, c’est au tour des élèves de CM1 et de 4e d’être jaugés. Une expérimentation sera donc lancée à cette rentrée pour évaluer 15.000 élèves de ces niveaux à la mi-septembre. Et ce « afin de répondre immédiatement aux difficultés rencontrées et de mettre en place une pédagogie adaptée », a expliqué Pap Ndiaye lors de sa conférence de presse. Ces évaluations « seront généralisées en 2023-2024 », indique le ministère dans son dossier de presse de rentrée.

Un dispositif que conteste le Snes-FSU : « Cela réduit le temps consacré aux apprentissages, sans répondre aux besoins des élèves », déclare le syndicat dans son Abécédaire de la rentrée 2022. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants voient d’un mauvais œil ces évaluations imposées, alors qu’eux-mêmes font ce travail au quotidien dans leurs classes. Ils estiment qu’elles mettent « en doute leur qualification et leur liberté pédagogique », souligne le Snes.

Deux heures de sport de plus dans certains collèges

« Les collèges volontaires seront invités à mettre en place, à titre expérimental, une organisation des emplois du temps permettant à tout ou partie de leurs élèves de pouvoir faire deux heures d’activités sportives sur le temps périscolaire, dans des clubs ou associations sportives », indique la circulaire de rentrée. Cela pourrait notamment lieu à l’heure du déjeuner ou en fin de journée. Au final, 140 collèges dispatchés sur l’ensemble du territoire vont donc expérimenter dès cette année deux heures de sport supplémentaires par semaine. Une mesure qui vise à lutter contre la sédentarité des jeunes mais qui suscite quelques doutes chez les syndicats. « Nous nous interrogeons sur la possibilité d’aménager les emplois du temps dans les établissements pour permettre aux élèves d’aller pratiquer un sport, alors que le dispositif ne doit pas démarrer dès la rentrée », estime David Lelong, délégué national au Se-Unsa. De son côté, le Snep-FSU (syndicat majoritaire des professeurs d’EPS) « condamne le dispositif tel qu’il est imaginé et appelle la profession à refuser toute intervention externe sur le temps scolaire », dans un communiqué.

Des expérimentations d’organisations pédagogiques différentes

Les collèges volontaires pourront expérimenter de nouvelles organisations pédagogiques en classe de 6e. Le but : « mieux accompagner la transition entre l’école et le collège » et « renforcer le niveau des élèves dans les savoirs fondamentaux, notamment en mathématiques », précise la circulaire de rentrée. La priorité sera donnée aux collèges dont les résultats aux évaluations nationales révèlent des difficultés spécifiques.

Peu de précisions sont données sur ces expérimentations. Il pourrait s’agir de la mise en place de dispositifs de renforcement dans les savoirs fondamentaux, de temps de co-intervention en classe d’un enseignant du collège et d’un professeur des écoles… De quoi susciter de nouveaux débats !