Electricité : Elisabeth Borne met la pression sur EDF et la maintenance des centrales nucléaires

PLUS VITE Le groupe a récemment prolongé l'arrêt de cinq réacteurs nucléaires

X.R. avec AFP
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Plus de la moitié des centrales nucléaires françaises sont à l'arrêt.
Plus de la moitié des centrales nucléaires françaises sont à l'arrêt. — PATRICK GELY/SIPA

Gazprom ne livre plus de gaz à Engie, l’électricité a atteint les 1.000 euros le mégawattheure, et pendant ce temps, seuls 24 des 56 réacteurs du parc nucléaire d’EDF sont actuellement en service. Les autres étant à l’arrêt pour des opérations de maintenance programmées ou suite à des problèmes de corrosion qui n’étaient pas prévus. De quoi inquiéter le gouvernement pour cet hiver, et pousser Elisabeth Borne à mettre la pression à EDF pour s’assurer que le calendrier des maintenances sera respecté, alors que l'arrêt de cinq réacteurs a déjà été prolongé.

« Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon », a déclaré la cheffe du gouvernement sur France Inter. Élisabeth Borne a également indiqué qu’elle comptait sur les Français et les entreprises pour faire des économies de consommation d’énergie afin de ne pas devoir recourir à des coupures de courant tournantes par quartiers, appelées délestages.

« Évidemment, il faut prolonger » le parc actuel et assurer la maintenance

Lundi, la Première ministre répondait déjà aux critiques du PDG sortant d’EDF Jean-Bernard Lévy sur le manque d’anticipation du gouvernement pour former du personnel compétent dans le secteur nucléaire. « On n’a pas dévié, depuis 2017 on demande à EDF de mettre en œuvre son programme de maintenance lourde, de recruter des compétences », a affirmé Elisabeth Borne. « Ce n’est pas parce qu’on a fermé deux réacteurs à Fessenheim suite aux décisions prises sous le quinquennat de Hollande, qu’on n’a pas assuré à EDF qu’il faudrait continuer à produire de l’énergie nucléaire », a-t-elle ajouté.

« Entretemps, on a acté qu’on allait construire des nouveaux réacteurs, mais sur le parc existant, c’est très clair, il n’y a jamais eu aucune ambiguïté. Évidemment, il faut prolonger ce parc, il faut assurer les opérations de maintenance nécessaires et recruter », a martelé la cheffe du gouvernement. Élisabeth Borne a enfin confirmé que le recrutement du nouveau patron d’EDF était « en cours de finalisation », sans donner de date pour une annonce. Ce changement de tête intervient au moment où l’État a engagé la renationalisation à 100 % du groupe.