Rentrée des classes 2022 : Les cours en plein air vont-ils égrainer à Lyon?

RENTREE SCOLAIRE Cette année, près de 300 enseignants de la métropole de Lyon ont été formés à la « pédogogie en plein air ». Une première salve pour essayer de généraliser progressivement la démarche

Caroline Girardon
La ville de Lyon aimerait développer massivement l'école en plein air. (illustration)
La ville de Lyon aimerait développer massivement l'école en plein air. (illustration) — Sébastien Salom-Gomis
  • Si la pédagogie en plein air est institutionnalisée dans les pays nordiques, elle reste marginalisée en France.
  • Alors que l’Education nationale encourage les enseignants à y recourir, la ville de Lyon a décidé de prendre le train en marche.
  • 300 instituteurs et professeurs ont été formés cette année dans la métropole lyonnaise, dont une quarantaine pour la ville de Lyon. Un début pour enclencher une dynamique.

Délaisser les salles de classe, les bureaux, les estrades et les tableaux accrochés au mur pour apprendre les mathématiques ou la biologie au milieu de la nature, assis sur les pelouses d’un parc ou sur les bancs d’un square. Et cela, quel que soit le temps. Si les écoles à l’extérieur sont légion dans les pays nordiques, elles restent encore relativement marginales aux quatre coins de l’Hexagone. En France, la ville de Lyon compte bien devenir une référence en développant progressivement la démarche.

Pour cette rentrée scolaire, 300 enseignants de la métropole lyonnaise ont été spécifiquement formés à la « pédagogie en plein air », dont une quarantaine pour la seule ville de Lyon. Une première. Ces volontaires enseigneront dans le quartier de la Duchère mais aussi à la Croix-Rousse et dans le 7e arrondissement.

« Ce n’est pas une lubie de la municipalité »

« On ne parle pas d’une sortie scolaire où l’on irait au parc de La Tête d'or observer les oiseaux mais bien de cours dispensés régulièrement à l’extérieur. Même si la météo ne s’y prête guère, les enfants sortent avec leurs cahiers, leurs livres », indique Stéphanie Léger, adjointe de la ville de Lyon en charge de l’éducation. Loin du savoir académique enseigné dans les manuels, la pratique privilégie l’apprentissage par le contact avec la nature. Par exemple, les mathématiques sont appliquées pour mesurer la taille d’un arbre ou pour construire une cabane.

« Ce n’est pas une lubie de la municipalité mais bien une pratique encouragée par l’Education nationale », appuie l’élue écologiste, désireuse d’infuser progressivement cet enseignement dans tout le système éducatif. « C’est une vraie plus-value pour les enfants, estime-t-elle. L’atmosphère est plus apaisée, plus silencieuse. Par ailleurs, cela peut aider ceux qui n’accrochent pas forcément avec l’école en sollicitant leur attention d’une autre manière. » Et augmenter ainsi la motivation des troupes.

Enclencher la dynamique

« L’idéal serait de pouvoir instaurer un cours par semaine dehors dans les établissements concernés », ajoute l’élue consciente que « tout ne sera pas prêt au 1er septembre ». Il faut encore établir des cartographies pour recenser les lieux propices à l’enseignement extérieur, développer une signalétique afin d’indiquer que les groupes d’élèves sont en plein cours afin de ne pas déranger la classe, établir la liste de matériels à fournir selon les besoins. L’essentiel, dans un premier temps, est d'« enclencher une dynamique ».

« Si les enseignants voient que la ville participe à leurs côtés, ils auront peut-être envie d’aller plus aisément vers cette pratique, souligne Stéphanie Léger. Mais il faut aussi accompagner les parents, les préparer et les rassurer. » Pas toujours enthousiastes à l’idée de voir leurs têtes blondes passer une heure dehors en plein hiver, de peur qu’elles tombent malades, ils risquent bien d’être les plus réticents à convaincre…