Oise : Un maire menace de ne plus payer ses factures d’électricité

ENERGIE Le maire communiste d’une ville, près de Creil, craint une multiplication par quatre des factures d’électricité de sa commune

20 Minutes avec AFP
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Illustration de distribution d'électricité.
Illustration de distribution d'électricité. — Adil Benayache/SIPA

Il craint une « multiplication par quatre » des factures. Le maire communiste de Montataire, une commune de 13.600 habitants près de Creil, dans l’Oise, a menacé, ce lundi, « d’arrêter de payer » l’électricité de sa ville si rien n’est fait pour soulager les collectivités face à la hausse des prix.

« Là, c’est impossible. On n’a pas de trésor de guerre, on doit voter un budget à l’équilibre. Comment je trouve le 1,9 million d’euros qui manquent ? Quel service je ferme ? J’arrête la restauration scolaire, je ferme la mairie trois jours par semaine ? », a interrogé le maire de Montataire, Jean-Pierre Bosino, dans un communiqué.

« Il faut revenir au tarif régulé »

Face à l’envolée des prix de l’électricité sur le marché de gros - qui a dépassé, vendredi, les 1.000 euros le mégawattheure (MWh), contre 85 il y a un an - la facture de la ville pourrait passer en 2023, à l’échéance du contrat actuel, « de 600.000 euros à 2,5 millions d’euros », a encore expliqué l’élu.

Contrairement aux particuliers, « les collectivités territoriales sont soumises au prix du marché à partir d’un certain niveau de budget et d’agents. Aujourd’hui, c’est intenable ! Il faut revenir au tarif régulé », a-t-il plaidé auprès de l’AFP. « C’est parce qu’un bien essentiel a été livré à la Bourse que nous en sommes là. La spéculation sur l’électricité et le gaz coûte au plus grand nombre mais rapporte beaucoup à quelques-uns », a-t-il déploré.

« Le fonds vert, c’est du flan »

Par ailleurs, il estime qu'« il n’est pas normal qu’EDF soit contrainte de vendre de l’électricité à 50 euros le MWh à ses concurrents, ce qui lui coûte 8 milliards qui manquent à la maintenance des centrales ». « Il faut sortir le gaz et l’électricité de la Bourse », a-t-il réclamé. « Si rien n’est fait par le gouvernement » pour soulager les collectivités, « on ne paiera plus les factures, et j’appelle toutes les collectivités frappées par ce phénomène à faire de même », a-t-il poursuivi.

Le fonds vert doté d’1,5 milliard d’euros destinés aux collectivités pour les « aider dans l’accélération de leur transition écologique », « c’est du flan », a encore jugé M. Bosino. « Bien sûr qu’il faut œuvrer à cette transition, mais on devra de toute façon continuer à éclairer nos rues, nos écoles, faire fonctionner les services informatiques… »