La France « moins en avance » que l’Espagne sur les caméras dans les abattoirs, admet Marc Fesneau

CONDITION ANIMALE Le ministre de l’Agriculture ne veut pas que ces caméras deviennent de la « vidéo surveillance » des salariés

X.R. avec AFP
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En France, rien n'oblige les élevages et les abattoirs à s'équiper de caméras.
En France, rien n'oblige les élevages et les abattoirs à s'équiper de caméras. — GAIZKA IROZ / AFP

Sa visite pouvait difficilement mieux faire écho à l’actualité. Alors que L214 a révélé les conditions déplorables d’un élevage de lapins en Bretagne, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a pu constater le retard français lors d’une visite à Madrid. « Parfois, on est moins en avance ou moins avancés… On avance sur ces sujets, il faut le faire avec le souci du bien-être animal et le respect des salariés », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue, concédant que « les Espagnols ont franchi une étape un peu plus avancée ».

Le gouvernement espagnol a approuvé mardi une mesure obligeant les abattoirs à installer dans les deux ans à venir des systèmes de vidéosurveillance pour s’assurer que les animaux n’y sont pas maltraités avant leur mise à mort, se targuant d’être « à la pointe en Europe dans ce domaine ». Les caméras devront couvrir les installations où se trouvent les animaux vivants, y compris les zones de déchargement, les couloirs d’acheminement et les zones où il est procédé à l’étourdissement des bêtes et où on les saigne jusqu’à leur mort.

« On a besoin de contrôler et d’avancer sur ces questions de vidéo dans les abattoirs »

En France, une expérimentation a été menée sur la base du volontariat, mais la présence de caméras dans les abattoirs n’est pas obligatoire, au grand dam des défenseurs de la cause animale. « On a besoin de contrôler - ce qu’on fait au ministère de l’Agriculture et dans les services - et contrôler toujours plus, de moderniser les outils (…) et d’avancer sur ces questions de vidéo dans les abattoirs », temporise Marc Fesneau, évoquant même « une demande qui monte de la part des salariés ».

Selon lui, certains d’entre eux « n’osent même plus dire qu’ils travaillent dans des abattoirs ». Mais le ministre a mis en garde : « ce n’est pas de la vidéo surveillance, au sens où on ne vient pas surveiller les gens », car « personne n’accepterait dans son travail d’être surveillé ». « Dès lors que c’est le produit d’un dialogue, moi j’y suis favorable », a-t-il conclu.

S’il a indiqué que « chaque Etat membre de l’Union européenne (était) libre » de faire comme il veut, son homologue espagnol, Luis Planas, qui était à ses côtés, a, pour sa part, précisé qu’en Espagne, la mesure avait obtenu « le soutien total du secteur » et qu’elle constituait « une reconnaissance des standards très élevés de qualité et de traçabilité de l’ensemble de la production agroalimentaire et du secteur de la viande en Espagne ».