Rentrée scolaire 2022 : Un téléphone en 6e ou pas ? « Bien entendu qu’il lui en faut un ! »… « Pas de téléphone avant 15 ans ! »

EDUCATION Certains parents sont pour, d’autres farouchement contre. Ils expliquent à « 20 Minutes » leurs raisons

Delphine Bancaud
L'entrée en 6e est généralement concomitante avec le premier téléphone portable.
L'entrée en 6e est généralement concomitante avec le premier téléphone portable. — Canva
  • L’entrée en 6e est généralement concomitante avec le premier téléphone portable. Comme en témoignent certains parents lecteurs de 20 Minutes.
  • La plupart de ceux qui dotent leur enfant de cet objet le font d’abord pour des raisons de sécurité, afin de pouvoir savoir où leur ado se trouve quand il n’est pas au en classe.
  • Mais certains autres refusent de munir leur enfant d’un portable, pour le protéger d’une exposition trop précoce aux écrans.

C’est une question que se posent tous les parents d’un enfant entrant en 6e : faut-il lui fournir son premier téléphone portable ? Et même si ce petit objet est interdit au collège ! Un achat que beaucoup de parents effectuent bien volontiers, car ils veulent pouvoir joindre leur enfant en dehors des cours. Comme en atteste Nathalie, qui a répondu à notre appel à témoins : « J’ai donné à mon fils un ancien portable pour qu'il me dise à chaque fois qu'il est arrivé au collège et à chaque fois qu’il sortira, pour passer une bonne journée sans devoir m’inquiéter. ». C’est aussi pour être sécurisée que Gwenaëlle a investi dans un portable pour son fils : « Nous habitons en campagne, il doit prendre le bus. S’il finit plus tôt ou en cas de souci, il peut nous contacter pour qu’on vienne le récupérer. »

Pour Christophe, pas de débat, son fils aura bien cet objet dans la poche à la rentrée : « Bien entendu qu’il lui faut un portable ! Il faut vivre avec son temps et arrêter de chercher des problèmes où il n’y en a pas », estime-t-il. Les ados veulent aussi en être équipés car ils veulent pouvoir communiquer avec leurs copains autrement que par l’intermédiaire du portable de leurs parents. C’est le cas de la fille de Sara : « Ça fait déjà deux ans qu’elle me demande un téléphone, car certains enfants en ont très tôt. Cette année, elle aura mon ancien smartphone ». Olivier s’est aussi résolu à cet achat pour faire plaisir à son enfant : « Même si on aurait préféré attendre plus, c’est un objet marqueur d’intégration du groupe (à tort ?) ».

« Le téléphone ne servira que pour ses trajets »

Pas question pour autant de laisser leur jeune ado devenir addict ou surfer sur n’importe quel site. Beaucoup de parents ont donc fixé certaines règles et mis des garde-fous, à l’instar de Sara : « J’ai installé un contrôle parental que je gère avec mon smartphone. Il me permet de gérer le temps qu’elle passe sur son téléphone et les applications qu’elle utilise. Elle sait qu’il y a des règles, au risque de ne plus pouvoir utiliser son téléphone, que les réseaux sociaux sont interdits et que je peux regarder son téléphone (contacts, messages) à tout moment. » Gwenaëlle aussi a pris les devants : « Nous avons téléchargé l’application Family link afin de contrôler son utilisation et limiter son temps ». Fanny a opté pour un forfait limité, à 2 euros par mois : « Nous contrôlons ce qu’il regarde et le temps est bloqué à 1 heure par jour, le téléphone est verrouillé de 20h30 à 7 heures. »

Pour limiter tous les risques pour son fils, Maud a choisi un téléphone très basique : « Il n’a pas accès à Internet, ni à une quelconque application ou aux réseaux sociaux. Ni aux photos. C’est juste un téléphone qui permet d’appeler. Ce qui est largement suffisant à son âge. » Noémie, elle, a décidé que le portable ne serait pas à disposition de son enfant 24h sur 24 : « Le téléphone ne servira que pour ses trajets, sinon, il sera repris. »

« C’est les rendre addicts à une drogue »

A contrario, le téléphone est banni dans certaines familles pour les jeunes collégiens. Pour preuve : le groupe Facebook « Parents unis contre les smartphones avant 15 ans » vient de dépasser les 15.000 membres. Ces derniers veulent limiter l’exposition de leurs plus jeunes ados aux écrans et retarder le plus possible le moment où ils pianoteront frénétiquement. A l’instar de Sandrine : « Pas de téléphone avant 15 ans ! », lance-t-elle. C’est le choix qu’a fait Alice pour sa fille : « Nous ne sommes pas contre les écrans, mais contre la stérilité de certains écrans. Elle a à disposition un téléphone fixe, nos téléphones portables au besoin pour contacter ses amis. Mais aussi un ordinateur familial, sur lequel elle peut naviguer dans la pièce de vie. Nous pensons que le portable, ça isole physiquement, ça prend du temps pour au final ne pas partager grand-chose… Et qu’il y a un âge pour tout. » Cet autre lecteur de 20 Minutes est encore plus négatif : « Les smartphones ne sont pas bons pour les enfants et ados. C’est comme leur acheter un paquet de clopes par jour, c’est les rendre addicts à une drogue et créer des tensions familiales. »

Marilyne a aussi douché les espoirs de son fils Théo, qui rentre au collège : « Je lui ai dit qu’il attendrait comme son grand frère, qui l’a eu pour son entrée en 4e. J’estime qu’ils sont déjà assez devant les écrans sans en rajouter un de plus. En cas de besoin, ils savent qu’ils peuvent aller à la vie scolaire et demander à m’appeler. » Catherine a quant à elle trouvé une alternative pour sa fille : « Je lui ai acheté une montre connectée, car elle prendra le bus de la métropole. Avec la possibilité d’appeler uniquement les numéros enregistrés, un tracker GPS et un bouton SOS en cas d’urgence. »

Faire face aux critiques… Une habitude pour les parents qui refusent

Reste que les parents qui décident de ne pas offrir de téléphone à leur petit collégien sont parfois mal compris par leur entourage. Comme le confie Alice : « Beaucoup dans notre entourage nous pensent has been, se moquent parfois. » Sunny aussi doit à chaque fois se justifier : « Le harcèlement m’angoisse et je ne pense pas ma fille suffisamment mature pour comprendre tout ce qu’Internet englobe… Mais difficile de défendre son opinion face à des personnes qui disent à ma fille qu’elle sera ringarde et que ce sera une honte de ne pas avoir de téléphone… Mais je tiens bon ! »