Trottinettes électriques : Age, vitesse, pistes, trottoirs… Quelles sont les règles à respecter ?

SECURITE ROUTIERE L’été a été marqué par deux accidents mortels impliquant des utilisateurs de trottinette électrique, dont le dernier à Lyon lundi soir. La réglementation spécifique à ces engins motorisés de plus en plus répandus reste méconnue

Frédéric Brenon
— 
Une femme circulant à trottinette à Nice (illustration).
Une femme circulant à trottinette à Nice (illustration). — V.Hache/AFP
  • Les trottinettes électriques sont strictement interdites sur les trottoirs. Elles doivent circuler sur les pistes cyclables.
  • La vitesse est limitée à 25 km/h maximum. Sur les zones piétonnes, la limitation est de 6 km/h.
  • Le nombre d'accidents de ce type d'engins est en nette augmentation. Deux adolescents viennent ainsi de trouver la mort à Lyon.

Le décès de deux adolescents à Lyon, renversés lundi soir par une ambulance alors qu’ils circulaient à trottinette électrique sur un couloir de bus, a suscité une vive émotion. Fin juin, à Nice, un autre accident de trottinette avait déjà marqué les esprits. Un enfant de 5 ans avait trouvé la mort, percuté par l'engin motorisé alors qu'il franchissait une piste cyclable sur un passage piéton. Deux épisodes dramatiques qui illustrent le besoin de « mieux faire connaître » la réglementation spécifique en vigueur alors que l’usage des trottinettes électriques s’est très fortement développé ces dernières années, estime la Ligue contre la violence routière. « C’est un nouvel enjeu central de sécurité routière », insiste Pierre Lagache, son vice-président. Le point sur ce que dit la loi.

A partir de quel âge peut-on utiliser une trottinette ?

Comme pour les hoverboards, les gyropodes ou les monoroues, la trottinette électrique est considérée comme un engin de déplacement personnel (EDP) motorisé et il faut avoir 12 ans minimum pour grimper dessus. Le véhicule doit être assuré.

A quelle vitesse peut-on circuler ?

Jusqu’à 25 km/h, maximum. « Le problème c’est qu’on observe de plus en plus de trottinettes débridées ou surpuissantes capables d’aller au-delà des 25 km/h autorisés », relève le vice-président de la Ligue contre la violence routière. Dans les aires piétonnes, la trottinette est admise à une « vitesse modérée » plafonnée à 6 km/h. « Cela correspond à une allure de marche rapide, pas davantage », indique Pierre Lagache.

Faut-il nécessairement emprunter une piste cyclable ?

Oui, c’est une obligation, s’il en existe. Les couloirs de bus ouverts aux vélos par une signalétique sont également autorisés. A défaut de piste ou bande cyclable, la trottinette électrique est admise sur les routes limitées à 50 km/h. « En pratique, on ne trouve pas de pistes cyclables partout, ou celles-ci ne sont pas toujours bien raccordées. Ce qui explique un certain flou », regrette Pierre Lagache. Hors d’une agglomération, si l’autorité locale le permet, une trottinette électrique peut également se déplacer sur une route limitée à 80 km/h, mais seulement avec un casque et des feux de position allumés.

Peut-on rouler à trottinette sur les trottoirs ?

Non. Sauf si le maire l’a préalablement autorisé, ce qui est extrêmement rare. « C’est sans aucun doute le problème le plus répandu, insiste Pierre Lagache. Quand on regarde ce qui se passe dans les villes, rouler sur le trottoir est presque la normalité alors même que c’est interdit, comme pour les cyclistes du reste [âgés de plus de 8 ans]. Le trottoir doit être sanctuarisé pour les piétons. »

Peut-on transporter un autre passager ?

Non, la loi l’interdit formellement. « On voit régulièrement des jeunes à deux sur la même trottinette. Mais les engins ne sont pas du tout adaptés pour ça. Donc c’est dangereux, forcément », rappelle le vice-président de la Ligue contre la violence routière.
 

Le casque est-il obligatoire ?

Il ne l’est pas. Sauf sur les routes dont la vitesse maximale est limitée à 80 km/h (hors des villes donc). « Le casque est toutefois préconisé par les experts, précise Pierre Lagache. N’oublions que le crâne est particulièrement exposé et vulnérable en cas d’accident. Mais, comme chez les cyclistes, l’obligation du casque fait actuellement l’objet d’un débat. La législation évoluera peut-être sur ce point. »

Faut-il des lumières ?

À l’instar de vélos, des feux (avant et arrière) sont obligatoires en cas de circulation la nuit ou de visibilité insuffisante en journée. Des dispositifs réfléchissants arrière et latéraux sont également nécessaires. De même qu’un vêtement rétroréfléchissant hors agglomération.

Et les contrôles alors ?

« Il n’y en a pas assez, déplore Pierre Lagache. Quand les règles sont mal connues et que personne ne vous rappelle à l’ordre, cela renforce un certain sentiment d’impunité. Les zones de circulation et la vitesse paraissent être les deux enjeux les plus importants. Les pouvoirs publics sont beaucoup trop passifs sur le sujet. C’est d’autant plus inquiétant que le nombre d’accidents à trottinette et leur gravité se dégradent fortement. Le développement des mobilités douces est une bonne chose mais la trottinette est souvent assimilée au plaisir, aux loisirs. Les usagers ont tendance à oublier qu’il s’agit d’un véhicule comme les autres, qui doit donc se conformer au Code de la route. »