Rentrée scolaire 2022 : Combien d’élèves par classe sont attendus en primaire cette année ?

EDUCATION Les effectifs par classe devraient encore baisser cette année, en maternelle comme en élémentaire

Delphine Bancaud
Salle de classe de l'école élementaire "Jacqueline de Romilly" de Cannes.
Salle de classe de l'école élementaire "Jacqueline de Romilly" de Cannes. — SYSPEO/SIPA
  • Pour cette rentrée, la taille des classes du premier degré devrait continuer à diminuer.
  • Et ce, grâce à la baisse démographique, au dédoublement de classes en éducation prioritaire et au plafonnement à 24 du nombre d’élèves par classe en grande section, CP et CE1 sur l’ensemble des établissements, hors éducation prioritaire, amorcé en 2020.
  • Mais la France reste un élève moyen en matière d’effectifs par classe, par rapport à ses camarades de l’OCDE.

C’est une question qui préoccupe tous les parents le jour de la rentrée : combien y aura-t-il d’élèves dans la classe de leur enfant ? Car difficile pour eux de s’imaginer que leur bambin pourra trouver ses marques dans une salle de classe bondée. Et qu’il pourra bénéficier des meilleures conditions d’apprentissage dans une classe surchargée.

La bonne nouvelle c’est que pour cette rentrée, les effectifs en primaire seront moins élevés. Et ce, « en raison d’une forte baisse démographique », a rappelé ce lundi, Guislaine David, cosecrétaire générale et porte-parole du syndicat d’enseignants SNUipp-FSU, qui tenait sa conférence de presse de rentrée. L’école primaire anticipe en effet une diminution d’effectifs de 67.000 élèves cette année scolaire (-1,2 %), selon le ministère de l’Education nationale. Ce phénomène concernera tout le territoire, à part Mayotte et la Guyane. Une baisse beaucoup moins sensible est prévue dans le privé où les projections pour cette rentrée font état de - 0,8 % d’élèves.

La priorité donnée à l’école primaire depuis le premier quinquennat

Le phénomène n’est pas nouveau car les cinq dernières années, le nombre d’élèves scolarisés dans l’enseignement public du premier degré a diminué de 4,4 %, souligne le SNUIpp. Et si l'on ne regarde que l’école maternelle, la baisse des effectifs est encore plus importante (7,6 %). Mais qui dit baisse des effectifs ne signifie pas forcément plus petit nombre d’élèves par classe. Car l’Education nationale pourrait être tentée par fermer des classes et surcharger celles qui existent. Mais cela n’est globalement pas le cas dans le premier degré.

Lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, la priorité a été donnée à l’école primaire et à la maîtrise des savoirs fondamentaux (la lecture, l’écriture, les mathématiques). L’exécutif souhaitait lutter précocement contre les difficultés scolaires pour améliorer le niveau des élèves dans le second degré. Pour estomper les inégalités scolaires dans le premier degré, le gouvernement a entrepris depuis 2017 une politique de dédoublement des classes dans l’éducation prioritaire, avec une limitation du nombre d’élèves à 12 d’abord en CP et en CE1, puis à partir de 2020, en grande section de maternelle. Dans les établissements du premier degré ne faisant pas partie de l’éducation prioritaire, le gouvernement s’est aussi fixé l’objectif de réduire les effectifs des classes de grande section, CP et CE1. Il vise 24 élèves par classe. Une mesure amorcée en 2020.

La France reste une élève moyenne par rapport à ses voisins

Même s’il faut attendre la rentrée pour avoir une vision claire des effectifs par classe, on sait déjà qu’ils seront un peu moins nombreux qu’en 2021. Pour rappel, l’an dernier le nombre moyen d’élèves par classe dans des établissements n’étant pas classé REP ou REP +, était de 22,4 en maternelle et de 21,3 en élémentaire. En éducation prioritaire, l’effectif moyen était de 12 en CP et CE1, mais le nombre moyen d’élèves en CE2, CM1 et CM2 était beaucoup plus important : il oscillait entre 20 et 22 élèves selon les niveaux.

Selon Guislaine David, ces moyennes peuvent cacher des disparités territoriales : « En éducation prioritaire, le seuil des 12 n’est pas toujours respecté et monte souvent à 14 et les classes de CM2 sont parfois chargées ». Idem dans les établissements qui ne sont pas en éducation prioritaire : « Dans les zones urbaines, les classes peuvent être parfois chargées et monter jusqu’à 28 ou 29 élèves en maternelle. Ce genre de cas devrait encore se présenter cette rentrée et entraîner des mobilisations de parents d’élèves. » Une note de la Depp parue en janvier montrait en effet que dans les écoles hors éducation prioritaire, 29 % des classes de grande section, 14 % des CP et 22 % des CE1 comptaient plus de 24 élèves.

Par ailleurs, malgré ses progrès pour diminuer la taille de ses classes à l’école, la France reste toujours une élève moyenne par rapport aux autres pays de l’OCDE. Avec en moyenne 21,3 élèves par classe au primaire, contre 21,1 pour la moyenne OCDE et 19,7 pour les pays de l’Union européenne, selon un rapport de l’OCDE de 2021.