Les féminicides en hausse depuis le début de l'été, comme chaque année

VIOLENCES SEXISTES L’été constitue une période aussi meurtrière pour les femmes que celle des fêtes de fin d’année

20 Minutes avec agence
Une pancarte dénonçant l'inaction du gouvernement face aux féminicides. (illustration)
Une pancarte dénonçant l'inaction du gouvernement face aux féminicides. (illustration) — FRANCOIS GREUEZ/SIPA

Le collectif « Féminicides par compagnon ou ex » a recensé 18 féminicides en France entre le 1er juillet et le 15 août 2022. Depuis le début de l’année, 72 meurtres de femmes ont été commis dans l’Hexagone.

Cette hausse survient chaque année sur la période estivale, en particulier en mois d’août. La tendance de violences meurtrières lors des vacances scolaires est similaire à celle qui survient lors des fêtes de fin d’année, rapporte France Inter. Plusieurs éléments peuvent expliquer ce phénomène, selon les militantes.


Un effet de confinement pour les victimes

Il y a tout d’abord durant l’été un « effet huis clos » selon Blandine Deverlanges, porte-parole d’Osez le féminisme dans le Vaucluse. « Les hommes obsessionnels vont être justement soit en vacances, soit seuls avec la victime », explique-t-elle. « Ils peuvent aussi être tout seuls, sans les contraintes sociales habituelles comme le travail et ils vont alors se focaliser uniquement sur leur victime. »

À cela s’ajoute un effet de confinement des victimes. Elles se sentent en effet d’autant plus seules et vulnérables que la vie associative est au ralenti durant l’été, et les instances judiciaires font une pause, explique la vice-présidente de la Fédération nationale des victimes de féminicides, Alisson Blondy. L’organisation des vacances favorise en outre disputes, séparations et violences conjugales.

Si « Féminicides par compagnon ou ex » a enregistré 18 féminicides depuis le début de l’été, le collectif « Nous toutes » en a comptabilisé 23. Mais, selon toutes les militantes, ce chiffre pourrait en réalité être bien plus important. Certains féminicides ne sont en effet pas enregistrés comme tels, ou d’abord recensés comme des enlèvements avant d’être requalifiés en meurtres, parfois des années plus tard.