Incendie en Gironde : « Nous sommes confrontés à un front beaucoup plus virulent et rapide qu’en juillet » alertent les pompiers

FEU Le gigantesque feu de Landiras a repris mardi et a déjà détruit 6.000 hectares de forêt ce mercredi. Les autorités se disent inquiètes de l'évolution, en raison de conditions météo défavorables

Mickaël Bosredon
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Le feu qui a repris en Gironde poursuit sa progression vers les Landes
Le feu qui a repris en Gironde poursuit sa progression vers les Landes — Codis 33
  • Le feu qui « s’était enterré » depuis la mi-juillet à Landiras en Gironde a repris avec vigueur depuis mardi après-midi, dévorant sur son passage 6.000 hectares de forêt.
  • Les pompiers ont dû faire face en tout à une quarantaine de départs de feu dans la journée de mardi en Gironde.
  • Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi midi un renforcement des moyens avec 1.000 pompiers désormais déployés pour lutter contre les flammes.
  • Les autorités ont décidé ce mercredi de couper à la circulation l’autoroute A 63 qui mène vers les Landes et le pays basque.

Sur l’autoroute A63 qui relie Bordeaux à Bayonne, c’est un véritable mur de fumée qui se dresse désormais face aux automobilistes, au niveau du bassin d'Arcachon. Les conditions deviennent si dangereuses, que les autorités ont annoncé ce mercredi matin, lors d’un point presse au poste de commandement de Landiras (Gironde), la fermeture de l’axe à la circulation.

L’autoroute A63 est fermée dans les deux sens, entre l’embranchement A660 (Arcachon) et la sortie 9 (Saint-Geours-de-Maremne). Le contournement se fait par l’A65.


Une décision lourde de conséquences, notamment en cette période estivale. « Cela demande une organisation pour voir par où exactement nous allons faire passer les poids lourds, et comment aménager les axes secondaires » explique Martin Guespereau, le préfet délégué pour la défense et la sécurité de la zone sud-ouest, qui annonce que des patrouilles mobiles de gendarmes vont être mises en place.


Près de 8.000 personnes évacuées

La situation est en effet critique ce mercredi, dans cette zone du sud Gironde et qui va jusqu’au nord des Landes. Le feu qui « s’était enterré » depuis la mi-juillet dans le secteur de Landiras, où 14.000 hectares de forêt ont déjà brûlé, a repris avec vigueur depuis mardi après-midi, dévorant sur son passage 6.000 hectares de forêt.

L'impressionnant feu de Landiras a repris mardi 9 août
L'impressionnant feu de Landiras a repris mardi 9 août - Sdis 33

Face à la progression des flammes, près de 8.000 personnes en tout ont été évacuées sur les communes de Saint-Magne, Belin-Beliet, Hostens, notamment, selon un nouveau bilan effectué par la préfecture de la Gironde à 16 heures. « L’évacuation du bourg de Beliet (environ 2.500 personnes) est en cours, précise la préfecture dans un communiqué. Des centres d’accueil sont ouverts sur les communes de Salles, Saint Symphorien et le Barp. Aucun blessé n’est à déplorer. »

A Belin-Beliet, village désormais enveloppé dans un épais voile de fumée, c’est le branle-bas-de-combat à la mairie pour organiser les évacuations, rassurer les habitants, qui malgré tout conservent leur calme.

Un ciel de fumée recouvre la commune de Belin-Beliet en Gironde
Un ciel de fumée recouvre la commune de Belin-Beliet en Gironde - Mickaël Bosredon/20 Minutes

La base de loisirs d’Hostens menacée

La situation semble pire que ce que les pompiers ont connu en juillet dans ce même secteur. « Nous sommes confrontés à un front qui a été cette nuit beaucoup plus virulent et rapide qu’en juillet, ce qui explique la destruction de seize maisons, analyse le contrôleur général Marc Vermeulen, directeur du service départemental d’incendie et de secours de la Gironde. La situation reste critique, car nous avons des conditions météo qui sont défavorables [vent et chaleur notamment]. Il faut s’attendre à avoir d’autres points chauds qui vont apparaître. »

Le directeur départemental du Sdis 33 Marc Vermeulen
Le directeur départemental du Sdis 33 Marc Vermeulen - Mickaël Bosredon/20 Minutes

« Le domaine départemental d’Hostens est désormais brûlé aux trois quarts, » a annoncé le président du département de la Gironde Jean-Luc Gleyze dans les colonnes de Sud Ouest. « Le feu s’approche maintenant de la base de loisirs. »

La préfecture des Landes se dit pour sa part « très attentive à l’évolution de la situation ce mercredi après-midi, notamment en ce qui concerne la commune de Saugnac-et-Muret que nous suivons. » L'évacuation de la commune a commencé peu après-midi, a constaté Sud Ouest.

40 départs de feu mardi en Gironde

Les pompiers ont dû faire face mardi à quarante départs de feu sur l’ensemble de la Gironde, et quelque 500 sapeurs-pompiers ont été engagés mardi sur ce « chantier », appuyés par des moyens aériens (deux canadairs, un dash). « Le point positif est qu’on a réussi à coiffer chacun de ces 40 départs de feu, en évitant qu’ils ne consument des surfaces trop importantes, note Marc Vermeulen, mais à chaque fois cela mobilise d’importants moyens, et on ne peut pas quitter les lieux en raison des sols tourbeux. Il faut donc que l’on remonte en puissance au niveau des renforts même s’il y a une tension au niveau national, avec de nombreux incendies un peu partout en France. »

L’usure commence également à se faire ressentir. « Elle concerne les hommes comme le matériel, souligne le directeur départemental, puisque nous avons 40 véhicules indisponibles du fait de leur sollicitation depuis le mois de juillet. »

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi midi avoir « décidé de renforcer les moyens mobilisés : plus de 1000 sapeurs-pompiers, 9 avions et 2 hélicoptères bombardiers d’eau » sont désormais engagés contre les flammes.

L’origine de ces départs de feu « n’est pas connue », assure Martin Guespereau, « mais à l’évidence certains sont criminels. » C’est pour cela que « les gendarmes mettent en place un tout nouveau dispositif de traque des incendiaires, parce qu’il s’agit de les dissuader et de les attraper. » Ce dispositif, VigiForêt, est constitué d’un peloton de gendarmes de réserve qui vont parcourir, à l’aide de motos tout-terrain, les zones forestières. Ils seront appuyés par un hélicoptère et des 4x4, « pour s’assurer que toutes les zones d’action soient sûres. »