Drones, pompiers, associations... Mobilisation générale pour sauver le béluga égaré dans la Seine

SOUS L'OCEAN Mardi 2 août, un béluga a été aperçu dans la Seine. L'ONG Sea Shepherd France veut contribuer à l'opération de sauvetage du béluga.

Imane Al Adlouni avec AFP
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Illustration de bélugas.
Illustration de bélugas. — Scott Olson afp.com

Le béluga égaré dans la Seine inquiète. Cette espèce protégée et en voie de disparition est plus familière des eaux du Canada ou de l’arctique mais elle n’est pas la première à s’aventurer dans la Seine.

Début juillet, un rorqual avait été aperçu, ainsi qu’une orque en mai dans l’embouchure de la Seine. Cette dernière est morte de faim. Pour éviter que pareil scénario ne se reproduire, l’ONG Sea Shepherd France a pris les devants, proposant aux services de l’Etat sur place (l' Office français de la biodiversité (OFB) ainsi que la Direction départementale de la protection population (DDPP) de coopérer pour permettre un sauvetage de l’animal.


Sea Shepherd propose ainsi d’offrir son expérience et son expertise dans toutes les étapes du sauvetage. Contactée, Lamya Essemlali, la présidente de l’ONG, explique que dans son sein l’organisation accueille deux anciens soigneurs spécialistes des cétacés, famille dont fait parti le béluga, ainsi que d’un biologiste marin.

Etat préoccupant

« S’il reste dans la Seine, il va mourir », affirme la présidente de Sea Shepherd. La priorité aujourd’hui est donc de trouver un moyen pour qu’il retrouve les eaux froides de l’Arctique dans les meilleures conditions. Et l’association n’est pas seule à s’en préoccuper

Les services de l’Etat, sapeurs-pompiers, SNSM, Office Français de la Biodiversité (OFB), Groupe d’Etude des Cétacés du Cotentin (GEEC) et le laboratoire Pelagis ont été mobilisés toute la journée pour évaluer l’état sanitaire « préoccupant » de l’animal qui « semble présenter des altérations cutanées et être amaigri », a précisé la préfecture.

Contacté par l’AFP, Gérard Mauger, vice-président du GEEC, a décrit un « animal bien tonique, qui passe très peu de temps en surface et effectue de longues apnées, signe que sa capacité pulmonaire « reste bonne » mais un comportement qui complique la tâche des sauveteurs, la préfecture indiquant que le cétacé « fuit les embarcations et ne se laisse pas guider dans la direction de l’embouchure de la Seine ».

Drones pour le repérer

La présidente de l’association de défense des océans Sea Shepherd, Lamya Essemlali, a déclaré qu’une de ses équipes arriverait sur place dans la soirée munie de drones pour le repérer plus facilement et que « l’urgence est déjà de le nourrir pour éviter qu’il ne subisse le même sort que l’orque retrouvée morte de faim » dans le même fleuve fin mai.

« Le milieu n’est pas très accueillant pour le béluga, la Seine est très polluée et les cétacés sont extrêmement sensibles au bruit, or la Seine est très bruyante avec sa navigation très importante╗, a ajouté Lamya Essemlali.

Les autorités lancent un appel à la prudence et demandent à « l’ensemble de la population de ne pas tenter d’approcher ou de rentrer en contact avec l’animal pour faciliter le travail de l’ensemble des services de l’Etat, mobilisés pour la préservation de la faune sauvage ».