Bretagne : Le nombre de constructions explose mais les prix continuent de grimper

IMMOBILIER La région a connu une hausse de 36,5 % du nombre d’autorisations de construction en 2021 en raison de son attractivité démographique

Camille Allain
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Des immeubles de logements bordent la Vilaine, ici à Rennes.
Des immeubles de logements bordent la Vilaine, ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • En Bretagne, le nombre d'autorisations de construction a bondi de plus de 36% depuis 2019.
  • Malgré ces constructions très nombreuses, les prix continuent de grimper dans la région, notamment dans les métropoles.
  • Dans ce contexte d'attractivité démographique, la préservation du foncier semble essentielle.

Les promoteurs immobiliers se portent bien en Bretagne, merci pour eux. Partout aux entrées de ville, les panneaux vantant les maisons et appartements à saisir attirent le regard, rivalisant d’imagination pour leur trouver un nom. « Ascension paysagère », « Jardin des artistes », « Le domaine des Chênes » ou le modeste « Nouveau monde » espèrent tous attirer les habitants ou investisseurs. A en croire les chiffres divulgués par l’Insee, le marché est en pleine explosion dans la région. En 2021, le nombre de permis de construire délivrés par les municipalités a presque atteint les 35.000. Un chiffre en progrès de 36,5 % par rapport à 2019, dernière année « normale ». Un rattrapage de la crise sanitaire où les bureaux avaient longtemps fermé ? Un peu mais pas que. Car le nombre de mises en chantier a lui aussi progressé de 28 % par rapport à 2019.

On pourra facilement accuser « l’invasion des Parisiens » mais le problème est plus complexe. Avec une forte attractivité démographique et le phénomène de « décohabitation », la Bretagne est très prisée. Pour accueillir les jeunes familles néorurales, les cadres en quête de nature ou les seniors attirés par le littoral, la région construit à fond, « y compris par rapport à la période d’avant crise sanitaire », assure l’institut de statistiques. En voyant le nombre d’autorisations de constructions bondir de 36 %, la région a « creusé l’écart » avec la moyenne nationale, qui s’établit à moins de 13 %. Le secteur en vogue des résidences secondaires en est l’une des explications.


Une région de plus en plus chère

Dans un marché où les prix s’étalonnent en fonction de l’offre et de la demande, la tendance est à la hausse. Tout département confondu, le prix des appartements neufs a progressé « de près de 9 % en deux ans », analyse l’Insee alors que la moyenne nationale tourne autour de +4 %. Longtemps considérée comme bon marché, la région l’est de moins en moins. Le prix au mètre carré, qui était 17 % moins élevé en Bretagne que la moyenne française n’est plus que de -10 %. Un constat qui n’est pas valable dans les métropoles et le littoral où les prix se sont envolés ces dernières années. Dans ce contexte inflationniste, les notaires bretons ont constaté « les premiers signes d’un ralentissement » en ce début d’année qui pourrait conduire à une stabilisation des prix.

Avec cet essor démographique, il apparaît urgent de prendre des mesures limitant la consommation de foncier, notamment agricole. D’après l’association Terre de liens, chaque année, 9.800 hectares de terres agricoles sont perdus, dont 4.800 par artificialisation. La SAFER (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a même alerté la région sur l’étalement des lotissements, très gourmands en foncier.