Canicule : La saisie de la cuve d’eau du camp de migrants de Dunkerque était une « erreur »

FAKE OFF Au lendemain de l’opération d’expulsion, la préfecture de la région du Nord a affirmé avoir restitué la cuve d’eau du camp de Loon-Plage, retirée suite à une erreur d’huissier

Maïwenn Furic
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Le camp de Loon-Plage est composé de personnes issues de camps démantelés comme ici à Calais (Illustration)
Le camp de Loon-Plage est composé de personnes issues de camps démantelés comme ici à Calais (Illustration) — M.Libert/20 Minutes
  • Une nouvelle opération d’expulsion a eu lieu le 20 juillet au camp de migrants de Loon-Plage, à Dunkerque. Et une cuve d’eau mise à disposition par une association a été retirée par les autorités.
  • Les personnes présentes sur place se sont indignées de cette confiscation en pleine canicule.
  • Le préfet du Nord a depuis expliqué qu’il s’agissait d’une erreur de l’huissier et qu’elle avait été restituée.

Tout le monde n’aborde pas la canicule avec les mêmes moyens pour s’hydrater et se rafraîchir. Au camp de migrants de Loon-Plage, près de Dunkerque, dans le département du Nord, l’association Charitable Roots a mis à leur disposition une cuve d’eau. Mais selon Human Rights Observer, vidéo à l’appui, cette réserve vitale a été confisquée par les autorités durant une expulsion.


« Lors d’une réunion entre plusieurs associations et la sous-préfecture de Dunkerque, il avait été convenu que les cuves d’eau mises à disposition des personnes exilées par@CharitableRoots ne seraient pas saisies lors des opérations d’expulsions. Cela n’a pas été le cas ce matin », est-il écrit sur le compte Twitter. Les autorités pouvaient-elles confisquer cette réserve ? 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

L’opération menée par les forces de l’ordre a eu lieu le mercredi 20 juillet, au petit matin. Le campement regroupe plusieurs centaines de personnes qui ont dû quitter Grande-Synthe suite à des expulsions.

Dans un communiqué de presse publié dès le lendemain, le jeudi, la préfecture de la région a expliqué qu’il ne s’agissait que d’une erreur : « De nombreuses questions ont été posées à l’occasion de l’évacuation d’un campement situé sur la commune de Loon-Plage en application d’une décision de justice. L’huissier a, par erreur, fait emporter une cuve d’eau. Le préfet de la région Hauts-de-France, préfet du Nord, s’est assuré qu’elle avait été restituée dès hier soir. »

D’un point de vue légal, les expulsions doivent être autorisées par un juge, qui s’appuie sur un acte d’huissier de justice. Pour que le propriétaire des lieux, qu’il s’agisse de l’Etat ou d’un particulier, retrouve sa propriété, il peut également être ordonné que les biens des occupants soient saisis. C’est fréquemment le cas des tentes des migrants. S’il ne s’agissait pas d’une erreur, la cuve aurait pu être noté parmi les éléments à saisir.

Cela dit, en pleine canicule, et pour des personnes sans accès à l’eau potable, une telle décision aurait été très contestable. D’autant plus qu’en France, le Code de l’environnement​ note que « l’usage de l’eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable ».