Pays basque : Plusieurs actions de blocage, six personnes en garde à vue

COLERE Les manifestants réclament la libération de deux anciens membres d’ETA incarcérés depuis trente-deux ans

20 Minutes avec AFP
Les manifestants ont notamment bloqué la RN 10.
Les manifestants ont notamment bloqué la RN 10. — AFP

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait interdit leurs actions. Six personnes ont été placées en garde à vue ce samedi pour leur rôle dans les « blocages » menés ce matin au Pays basque, afin de réclamer la libération de deux prisonniers basques. Vers 8h30, ce groupe a réussi à pénétrer sur le tarmac de l’aéroport de Biarritz avant d’en être délogé par la police et d’être placé en garde à vue pour « introduction non autorisée dans la zone côté piste d’un aéroport ».

Environ 1.700 personnes selon les organisateurs, 950 selon la préfecture, se sont réparties samedi sur dix points d’axes de circulation, sur la côte basque comme à l’intérieur des terres. Ces actions « de désobéissance civile » visent à attirer l’attention sur le sort de deux prisonniers basques septuagénaires, anciens membres d’ETA incarcérés depuis trente-deux ans, Jakes Esnal et Ion Parot. Elles permettent « de mettre le sujet sur la table et d’avoir un écho plus large, encore renforcé par l’interdiction par la préfecture (vendredi) », a estimé Mathieu Boloquy, du mouvement de défense des droits des prisonniers basques Bake Bidea.

« Stop vengeance d’État »

À Biarritz, vers midi, une soixantaine de militants bloquaient le boulevard qui relie autoroute, gare et aéroport. Après avoir installé des pneus et des palettes en bois en travers de la route, les manifestants se sont postés derrière une banderole affichant les messages « Stop vengeance d’État » et « 32 ans de prison, ça suffit ! ». Des effectifs de la police sont présents, avec des renforts de la police nationale espagnole.

La préfecture a indiqué à la mi-journée que des itinéraires de déviation via des axes secondaires avaient été mis en place et que le trafic routier, autoroutier et aérien était « fluide ». Selon Bake Bidea, cinq militants se sont enchaînés dans la matinée aux voies de chemin de fer à Boucau, au nord de Bayonne. La préfecture a fait part « d’une intervention policière en cours ». Le trafic ferroviaire a été interrompu vers 11h dans les deux sens de circulation, entre Bayonne et Saint-Vincent-de-Tyrosse (Landes), en raison de « personnes sur la voie », a expliqué à l’AFP la SNCF.

Pour interdire ces actions prévues de longue date par les militants, le préfet Eric Spitz a expliqué vendredi qu’elles faisaient « porter un grave risque sur la sécurité et la santé des personnes », habitants et touristes, en ce jour de chassé-croisé classé rouge par Bison Futé. Les organisateurs ont maintenu leurs actions en assurant qu’ils avaient « pris toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des personnes ».