Lille : Un incubateur pour accompagner les migrants vers la création d’entreprise

ENTREPRENARIAT Singa, organisation favorisant l’insertion des nouveaux arrivants en France, a ouvert à Lille son 5e incubateur pour accompagner ses bénéficiaires vers l’entreprenariat

Mikaël Libert
Atelier d'intelligence collective au profit de Dashamir Biçaku, journaliste albanais accompagné par Singa.
Atelier d'intelligence collective au profit de Dashamir Biçaku, journaliste albanais accompagné par Singa. — Singa Lille
  • L’organisation Singa a ouvert des incubateurs à destination des réfugiés et demandeurs d’asile.
  • Le but est de les accompagner dans la création de leur activité professionnelle.
  • Le plus récent, ouvert à Lille fin juin, a déjà recruté sa première promotion de dix porteurs de projets.

« Ce n’est pas parce qu’ils ont fui leur pays qu’ils ont perdu leur talent. » Telle est la devise de Singa, une organisation qui accompagne les « nouveaux arrivants » pour favoriser leur insertion tant sociale que professionnelle. Et pour ce dernier sujet, Singa a mis en place des incubateurs afin d’aider ses bénéficiaires dans leurs démarches entrepreneuriales. Il en existe 5, répartis sur le territoire français, ayant déjà permis la création de plus de 300 start-up. Le dernier, qui à ouvert à Lille, dans le Nord, a déjà recruté sa première promotion.

« Singa rassemble des locaux et nouveaux arrivants, réfugiés, demandeurs d’asile, et les encourage à s’engager ensemble dans des projets sociaux, professionnels et entrepreneuriaux », explique brièvement Pascal Dubaele, directeur de Singa Lille. Parce que beaucoup de ces personnes, environ 30 % selon lui, étaient déjà des entrepreneurs dans leurs pays d’origine, pourquoi ne pas les aider à monter leur propre activité en France via un incubateur ? Le premier à ouvert à Paris, en 2016, suivi par Lyon, Nantes, Strasbourg et désormais Lille. A Raison d’environ deux promotions annuelles, ce sont 320 entreprises diverses et variées qui ont été lancées. « On a un taux moyen de 54 % de création d’emploi après 6 mois seulement », poursuit-il.

Des projets et des profils très différents

A Lille, donc, dix candidats de 7 nationalités différentes ont rejoint l’incubateur. Six femmes et 4 hommes. « Les projets et les profils sont très différents, il y a de la restauration, du reconditionnement informatique, de l’édition littéraire ou encore la création d’un média franco-albanais », énumère Marie Patfoort, responsable de l’incubateur lillois. Et non, Singa ne fait même pas de discrimination positive. Si le public cible est en effet les nouveaux arrivants en situation régulière, « l’incubateur est aussi ouvert aux Français qui ont un projet de création d’entreprise ou d’association en lien avec l’interculturalité ou la migration », ajoute la responsable.

Singa ne finance pas les projets, mais son accompagnement vaut de l’or. « La création d’entreprise en France, ça peut faire un peu peur, même si nos publics sont un minimum rodés à notre administration, reconnaît Marie Patfoort. Nous aidons aussi à structurer les projets, construire un business plan, chercher des financements, préparer des entretiens, notamment avec des banques ». Des référents suivent ensuite les entrepreneurs dans les premiers temps de la vie de leurs activités.

Outre la compétence de ses personnels, de sa communauté, Singa peut aussi se prévaloir d’un réseau alléchant. « Nous sommes labellisés French Tech mais l’organisation est aussi reconnue à l’international, par les Nations Unies, l’UE, l’Obama Foundation, Forbes, Microsoft, Facebook », insiste Pascal Dubaele. Et la responsable de l’incubateur le reconnaît, « de plus en plus de projets tournent autour du numérique ». Comme celui de Loriane, qui monte une plateforme de services à destination des mères entrepreneures. Ou celui de Françoise, qui a créé un espace numérique collaboratif autour des parcours familiaux. « Au fond, insiste Marie Patfoort, révéler le potentiel des nouveaux arrivants montre que la diversité culturelle est un moteur de création et d’innovation. »