Incendies en Gironde : En 1949, le feu ravageait déjà les Landes de Gascogne, tuant 82 personnes

ARCHIVES En août 1949, la Gironde était déjà en proie à un violent incendie qui a ravagé 52.000 hectares et fait 82 morts

Béatrice Colin
Intercontinentale / AFP
  • Depuis le 12 juillet, plus de 20.000 hectares ont été ravagés en Gironde par les flammes lors de ce que certains qualifient d’ores et déjà « d’incendies du siècle ».
  • C’est aussi le nom donné à celui qui, en 1949, a parcouru plus de 50.000 hectares en Gironde et causé la mort de 82 personnes.

Alors que les pompiers sont toujours mobilisés contre les feux en Gironde, qui ont ravagé déjà 20.600 hectares, certains pompiers les qualifient déjà comme « l’incendie du siècle ». Il y a 73 ans, c’est déjà ainsi qu’avait été désigné l'incendie qui s'étendit sur 52.000 hectares, dont 25.000 de bois dans le massif forestier des Landes de Gascogne.

Tout est parti d’une cigarette fumée par un gardien dans la cabane d’une scierie implantée à Saucats, une commune située au sud de Bordeaux, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau de Landiras où le périmètre de l’incendie atteint aujourd’hui 66 km. Ce 19 août 1949, le département souffre de la sécheresse et près de 100.000 hectares de la forêt landaise sont déjà partis en fumée cette année-là.

Vents violents et tourbillonnants

C’est un nouveau brasier sur le front des incendies qui touchent la région, mais ce sera le plus meurtrier. Dans un article du journal Combat, exhumé par le site de presse de la Bibliothèque nationale de France, Retronews, un journaliste de l’époque raconte l’impuissance des pompiers face aux tergiversations des maires pour prendre des décisions. Et, malgré un contre-feu allumé dans la précipitation, les flammes gagnèrent en intensité. « Atterrés », les hommes du feu n’ont pu que le voir passer de cime en cime, tentant vainement d’éteindre les foyers.


Et les cieux sont contre eux. Des vents violents et tourbillonnants vont attiser les flammes du côté de Barp, puis de Salles et Mios, parcourant le 20 août jusqu’à 6.000 hectares en vingt minutes. Dans cet enfer, 82 sauveteurs, venus d’un peu partout, notamment des militaires, mais aussi des habitants et des forestiers vont être pris au piège et y laisser leur vie. La petite commune de Canéjan y perdra 26 de ses habitants, contre dix perdus au combat lors des deux guerres mondiales.

Une journée de deuil national pour les soldats morts au feu

La solidarité nationale, mais aussi internationale, s’organise. La Grande-Bretagne prête main-forte en envoyant des pompiers sur le front et des engins chenillés. Les sapeurs pompiers de Paris participent, tout comme le 33e Régiment d’artillerie de Poitiers qui envoie des hommes. Et va payer un lourd tribut puisque 25 d’entre eux y perdront la vie. Une journée de deuil national sera organisée le 24 août pour leur rendre hommage.

Alors même que les critiques de la population se multiplient pour dénoncer le manque de moyens dans cette lutte acharnée contre le brasier. Hier, comme aujourd’hui, c’est la tête du gouvernement qui est visée. A l’époque, Paul Ramadier, ministre de la Défense nationale, le reconnaîtra, « les moyens mis en œuvre n’ont pas été à la mesure du fléau ».