Ille-et-Vilaine : « Une insuffisance d’encadrement » pointée après l’accident avec des poneys

ENQUETE Dix-sept personnes dont quinze enfants en colonie de vacances ont été blessées mardi soir à Saint-M’Hervé, près de Vitré

Camille Allain
A Saint-M'Hervé, un accident avec des poneys a blessé 15 enfants dont certains gravement, lors d'un camp de vacances.
A Saint-M'Hervé, un accident avec des poneys a blessé 15 enfants dont certains gravement, lors d'un camp de vacances. — Sapeurs-pompiers - SDIS 35
  • Une bousculade avec des poneys a fait 17 blessés, dont de nombreux enfants, le 19 juillet à Saint-M’Hervé, en Ille-et-Vilaine.
  • D’après les premières investigations, le taux d’encadrement était insuffisant pour prendre en charge les 25 enfants de cette colonie de vacances.
  • Deux fillettes sont toujours hospitalisées après avoir été piétinées par les poneys en fuite.

Le procureur de la République de Rennes évoque « une première analyse » de l’accident qui a blessé 15 enfants et deux encadrantes mardi 19 juillet à Saint-M’Hervé, près de Vitré (Ille-et-Vilaine). Une première analyse qui n’est pas tendre. Deux jours après la bousculade avec des poneys lors d’une colonie de vacances, les premiers éléments d’enquête plaident pour « une insuffisance d’encadrement » au moment de l’accident selon le procureur Philippe Astruc.

Le magistrat insiste sur le fait que cette analyse « devra être approfondie ». Mais il pointe déjà du doigt certaines responsabilités. D’après les investigations menées par la brigade de recherches de la gendarmerie de Vitré, le groupe de 25 enfants était encadré par deux animatrices. L’une, âgée de 22 ans, est titulaire du BAFA. L’autre, née en 2004, n’est encore que stagiaire. D’après la législation française, le taux d’encadrement pour des enfants âgés de plus de 6 ans doit être d’un animateur pour douze enfants. « Par ailleurs, l’accident paraît trouver pour partie sa cause dans la double nature de l’activité consistant à la fois dans l’encadrement du groupe d’enfants et dans le transit d’un groupe important d’animaux sans modalités permettant de s’assurer de leur maîtrise éventuelle », explique le procureur.

Les chevaux ne sont ni montés ni tenus en longe

L’accident s’est produit mardi soir quand une quinzaine d’enfants et deux encadrantes ont raccompagné les double-poneys depuis le paddock jusqu’à un pré situé à une centaine de mètres. Le chemin est « relativement étroit et bordé de clôtures ». Quant aux chevaux, ils ne sont « ni montés ni tenus en longe ». Ils sont habitués à prendre ce trajet. D’après les témoins, l’animal de tête a « brusquement fait demi-tour alors qu’il se trouvait à l’entrée du pré, les autres chevaux le suivant immédiatement ». C’est là que 15 enfants ont été blessés dont trois grièvement. Mercredi soir, une fillette âgée de 11 ans était toujours hospitalisée en chirurgie pédiatrique. Une autre enfant âgée de 8 ans souffrant de fractures à la tête est en réanimation pédiatrique. « Toutes les autres victimes ont pu quitter l’hôpital », précise le parquet.

Pour l’heure, la gérante du centre équestre de la Haute Hairie n’avait pas pu être entendue. Son établissement avait fait l’objet de plusieurs visites des services de Jeunesse et sport. Tous les contrôles administratifs s’étaient soldés positivement. « Les investigations vont se poursuivre dans les prochains jours afin de déterminer d’éventuelles responsabilités pénales », conclut le procureur.