Incendie en Bretagne : Y a-t-il un risque nucléaire avec l’ancienne centrale de Brennilis ?

SCENARIO CATASTROPHE A quelques kilomètres de l’incendie qui a ravagé plus de 1.700 hectares des Monts d’Arrée dans le Finistère, le site nucléaire de Brennilis est en cours de démantèlement

Camille Allain
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Dans les Monts d'Arrée, un important incendie s'est déclaré aux abords de l'ancienne centrale nucléaire de Brennilis. Sans pour autant menacer la sécurité du site.
Dans les Monts d'Arrée, un important incendie s'est déclaré aux abords de l'ancienne centrale nucléaire de Brennilis. Sans pour autant menacer la sécurité du site. — Loïc Venance / AFP
  • Un important incendie s’est déclaré lundi dans les Monts d’Arrée, dans le Finistère, ravageant 1.700 hectares de landes.
  • Tout près de là se trouve la centrale nucléaire de Brennilis, à l’arrêt depuis 1985 mais toujours en cours de démantèlement.
  • La direction du site se montre rassurante sur la sécurité de la centrale face au risque d'incendie.

Ils étaient aux premières loges. Lundi, les agents d’EDF travaillant sur le site de l’ancienne centrale nucléaire de Brennilis ont été parmi les premiers à voir les épaisses fumées s’échapper des sommets des Monts d’Arrée. Rapidement, leur direction s’est mise en lien avec la préfecture du Finistère et les pompiers pour savoir si le site sur lequel ils exercent était menacé par les flammes. L’orientation du vent et la présence d’un imposant lac les ont vite rassurés. Non, la centrale de Brennilis n’était pas menacée. Mardi pourtant, la très grande majorité des salariés sont rentrés chez eux, à la demande de la direction. « On ne va pas parler d’évacuation parce que l’incendie était assez loin mais nous avons arrêté nos chantiers par précaution parce que les fumées se dirigeaient vers nous », assure Jean Cucciniello.

Cela fait sept ans que l’homme dirige l’ancienne centrale nucléaire. Mis en service en 1967, le réacteur à eau lourde a été arrêté en 1985. Rapidement abandonnée, la technologie expérimentale fait l’objet d’un interminable chantier de démantèlement qui pourrait prendre fin au mieux en 2040, soit 55 ans après l’arrêt du réacteur. Si le site a été vidé de tous les composants radioactifs dans le cadre d’un démantèlement partiel, il reste sur le site des éléments potentiellement dangereux.

« Une enceinte bétonnée capable de résister aux pires scénarios »

Et si le feu s’était approché ? « Toute notre installation est installée sur une plateforme bétonnée. La partie boisée est assez éloignée. Et même si un incendie se rapprochait, tout reste confiné. L’enceinte nous protège, il n’y a aucun risque pour la population », assure le directeur du site, qui a vu plus de 1.700 hectares de landes partir en fumée autour de la centrale.

En attendant que des robots viennent découper la cuve du bloc réacteur​, le site serait donc parfaitement isolé du feu, même si les flammes venaient le lécher. « On parle d’une enceinte bétonnée de 80 centimètres d’épaisseur capable de résister aux pires scénarios », rassure Jean Cucciniello. Dans le cadre de la consultation publique préalable au démantèlement complet du site, des riverains ont interrogé EDF sur la résistance du site aux catastrophes naturelles. « Nous avons simulé le pire des scénarios avec un séisme suivi d’un feu sur le site. Même dans ce cas-là, nous serions en dessous des seuils. »