Incendies en Gironde : Quels sont les moyens mis en place pour lutter contre les flammes ?

SOLUTIONS Le point sur la situation et sur les pistes d’amélioration du modèle français

20 Minutes avec AFP
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L'été 2022 s'annonce brûlant pour l'Europe en matière d'incendies de forêt
L'été 2022 s'annonce brûlant pour l'Europe en matière d'incendies de forêt — pxhere.com CC0

Quels sont les moyens déployés pour lutter contre les incendies qui ravagent la Gironde ? Sont-ils suffisants ?

Le point sur la situation ce lundi et sur les pistes d’amélioration du modèle français de Sécurité civile, jugé sous tension par de nombreux acteurs.

Près de la moitié de la flotte aérienne mobilisée

La France dispose de 19 avions bombardiers d’eau, 12 Canadair et sept Dash (dont six sont opérationnels, le dernier ayant été livré en juillet), ainsi que de deux hélicoptères bombardiers d’eau, selon la direction générale de la Sécurité civile et de la gestion de crises.

Près de la moitié de cette flotte aérienne est mobilisée en Gironde : six Canadair et trois Dash sont engagés, ainsi que 1.700 pompiers. Et « entre vendredi et dimanche, deux Canadair grecs étaient présents en renfort », indique Alexandre Jouassard, porte-parole de la Sécurité civile pour qui « le fait de faire appel à eux n’est pas un aveu de faiblesse. »

Aucune base aérienne dans le Sud-Ouest

L’ensemble de ces moyens aériens est basé à l’année à Nîmes, « où sont les services de maintenance », précise le commandant Jouassard. La base de Nîmes est renforcée pendant la période estivale par une base arrière à Ajaccio alors que 23 aires de stationnement sont réparties sur tout le territoire. Mais, sur ces « pélicandromes », les appareils peuvent seulement recharger en eau et retardant de feu et non faire l’objet des nécessaires opérations de maintenance.

Pour Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNSIS) et du conseil départemental de la Mayenne, « sans doute que le Sud-Ouest de la France n’a pas suffisamment été intégré, puisque depuis de nombreuses années les feux sont plutôt concentrés dans le Sud-Est ».

Si le dispositif en flux tendu a fonctionné jusqu’à présent, Jean-Luc Gleyze, président PS du conseil départemental de la Gironde et président du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 33) redoute d’en voir rapidement les limites à long terme.

« Moyens aériens supplémentaires »

Le commandant Jouassard reconnaissait dimanche un « dispositif opérationnel tendu ». « Un peu plus de marge à l’avenir est souhaitable, car on sait qu’on va vers une augmentation du nombre d’interventions », ajoutait-il, sous l’effet du réchauffement climatique, de la multiplication des épisodes caniculaires et des périodes de sécheresse.

Olivier Richefou juge que « des moyens aériens supplémentaires doivent être mis en œuvre. Le plus efficace, c’est le Canadair » qui, à la différence du Dash, peut se recharger sur n’importe quel plan d’eau et pas forcément un « pélicandrome ». Il est rejoint par Anthony Chauveau, pour qui il est « urgent de renouveler et d’augmenter la flotte de Canadair, vétuste ».