14-Juillet : Les gendarmes du ComCyberGend défileront sur les Champs-Elysées

FETE NATIONALE A l’occasion du 14-juillet, 76 cyber enquêteurs défileront sur les Champs-Elysées à Paris

Thibaut Chevillard
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Les gendarmes répètent sur les Champs-Elysées quelques jours avant le 14-Juillet
Les gendarmes répètent sur les Champs-Elysées quelques jours avant le 14-Juillet — gendarmerie nationale
  • 76 gendarmes du commandement de la gendarmerie dans le cyberespace défileront jeudi sur les Champs-Elysées à l’occasion du 14-Juillet.
  • Une manière de saluer le travail de ces militaires qui luttent au quotidien contre la cybercriminalité.
  • Certains d’eux ont parlé de leur métier à 20 Minutes.

En rythme et en cadence. Trois jours avant de défiler sur les Champs-Elysées à l’occasion du 14-Juillet, les 76 gendarmes du commandement de la gendarmerie dans le cyberespace peaufinent les derniers détails à l’école des officiers, à Melun (Seine-et-Marne). Ces cyber experts, dirigés par le général Marc Boget, représenteront à Paris les 7.500 enquêteurs, répartis sur tout le territoire, qui composent cette entité créée par arrêté du 25 février 2021. Leurs missions ? Lutter contre la cybercriminalité, répondre aux menaces numériques, coordonner la stratégie de la gendarmerie dans ce domaine, et sensibiliser la population, les entreprises ou les collectivités territoriales aux risques encourus sur Internet.

Le lieutenant Sébastien Posseme, qui commande la brigade numérique de la gendarmerie nationale, prendra la tête de ce détachement sur la plus belle avenue du monde. « C’est un honneur de porter le drapeau du com cybergend », explique-t-il à 20 Minutes. Basés à Rennes, les militaires qu’il dirige répondent 24h sur 24, 7 jours sur 7, aux sollicitations des internautes qui les contactent depuis le portail de l’institution - et maintenant depuis une application dédiée. Cette brigade numérique a été créée en 2018. « Mais la crise sanitaire, et particulièrement le confinement, a été un accélérateur d’activité. Pour donner un exemple, en 2020, au début du premier confinement, nous traitions 7.000 demandes par mois. En mars 2020, nous sommes passés à 32.000 demandes, et en avril 51.000 demandes », poursuit l’officier.

« L’objectif, c’est de les amener à raconter leur histoire »

Derrière leurs écrans, 29 opérateurs – en majorité des officiers de police judiciaire – traitent les informations qu’ils reçoivent et renseignent les internautes qui les sollicitent. « Il y a des riverains qui nous signalent des événements ou des choses particulières, et nous faisons le lien avec les brigades qui couvrent ces territoires. » Les gendarmes de l’unité ont également été formés pour répondre aux femmes victimes de violences. « Bien souvent elles ont peur, parfois honte de la situation, ou n’ont pas conscience d’être victimes de chose grave. L’objectif, c’est de les amener à raconter leur histoire », souligne le lieutenant Posseme. En quatre ans d’existence, la brigade numérique a reçu 13.000 signalements provenant du portail Arrêtons les violences. Ils ont donné lieu à 4.200 procédures judiciaires.

Escroqueries, pédocriminalité, trafic de stupéfiants… Les gendarmes ne se contentent pas de répondre ou d’orienter les internautes. Dans les unités territoriales, des enquêteurs ont été formés pour mener des investigations sur l’ensemble du spectre de la cybercriminalité et recueillir des preuves. Affectée aujourd’hui à la brigade territoriale autonome de Laval en tant que correspondante nouvelle technologie, la maréchale des logis cheffe Melissa a eu récemment l’occasion d’enquêter sur un homme suspecté d’avoir violé et agressé sexuellement une dizaine de mineurs sur l’île de la Réunion. « On a été amené à travailler sur les portables, les réseaux sociaux », pour incriminer le suspect qui a été condamné par la cour d’assises en première instance, mais qui a fait appel du verdict.

« Le point d’orgue dans une carrière militaire »

« J’exerce depuis 2014 et on voit désormais que dans toutes nos enquêtes, il y a ces nouvelles technologies », remarque celle qui se définit avant tout comme une enquêtrice de terrain. Les portables, détaille-t-elle, sont notamment employés par les auteurs de vols « pour faire des repérages, faire le guet lors de cambriolage ». Ces appareils, souvent très onéreux, sont aussi devenus « les nouveaux bonbons des prédateurs sexuels » qui tentent d’attirer leurs jeunes victimes en promettant de leur donner un smartphone. Cette jeune gendarme est aujourd’hui très fière de défiler sur les Champs-Elysées aux côtés de ses cybercamarades. « C’est le point d’orgue dans une carrière militaire. »