Départs en vacances : Pourquoi ça bouchonne autant sur l'A7, entre Lyon et Orange ?

CIRCULATION L’A7, autoroute la plus chargée de France, comporte un tronçon entre Lyon et Orange où tous les vacanciers semblent s’être donné rendez-vous. Mais les bifurcations et le fret contribuent aussi à son engorgement

Jennifer Lesieur
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Passage obligé des automobilistes en vacances dans le sud, le tronçon Lyon-Valence de l'A7 est particulièrement encombré toute l'année.
Passage obligé des automobilistes en vacances dans le sud, le tronçon Lyon-Valence de l'A7 est particulièrement encombré toute l'année. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Le tronçon Lyon-Orange, sur l'A7, est connu pour ses embouteillages fréquents, presque inévitables lors des départs en vacances d'été vers le sud.
  • Aux automobilistes français s'ajoutent les vacanciers des pays limitrophes, le fret et les autoroutes qui donnent sur l'A7.
  • Pour éviter les bouchons, les vacanciers les moins pressés peuvent se rabattre sur les itinéraires bis... ou favoriser un autre moyen de transport.

EDIT : En raison des bouchons monstres de ce samedi 31 juillet, nous vous reproposons à la lecture, cet article paru le 12 juillet 2022. En espérant qu'il vous aidera à passer le temps. 

« L’Autoroute du Soleil/Est sous la neige », chantait Adamo en 1979. En cette mi-juillet 2022, le chanteur verrait plutôt l’A7 sous la canicule. Les temps changent, mais pas le trafic sur l’autoroute la plus chargée de France, surtout lors des premiers départs en vacances, et à l’approche du pont du 14-juillet.

Un tronçon, en particulier, met les nerfs des vacanciers pressés à rude épreuve : celui qui va de Lyon à Orange. Un flot quasi ininterrompu de voitures y passe, mais pas seulement par des vacanciers français.

Plusieurs autoroutes rejoignent l'A7

La première raison, « c’est qu’à partir de la Vallée du Rhône, l’A7 dessert l’Occitanie, la Méditerranée, l’Espagne, qui sont des destinations privilégiées par les touristes, qu’ils soient Français, du Benelux, d’Allemagne ou de Suisse », précise Samuel Beauchef, responsable communication chez Vinci Autoroutes.

La deuxième, c’est que « beaucoup d’autoroutes arrivent sur l’A7, jusqu’à la bifurcation au niveau d’Orange », ajoute-t-il. « A l’entrée de l’A7 arrivent l’A6, des autoroutes en provenance d’Alsace, du Grand-Est, et au niveau de Valence, arrive l’autoroute en provenance des Alpes. Toutes viennent apporter du trafic supplémentaire. »

Les accidents, première cause de bouchons

Samuel Beauchef remarque toutefois que « même en période de fort trafic l’été, s’il n’y a pas d’accident, ça roule. Samedi 9 juillet, on n’a pas eu de bouchons, il y a juste eu des ralentis, car on a mis en place la régulation de vitesse sur certaines portions, qui sont passées de 130 à 110. Cela a permis de fluidifier le trafic, avec certes des temps de parcours plus importants : on a compté entre 3 et 4 heures entre Valence et Orange. »

A condition, bien sûr, de n’avoir ni panne, ni accident, ce qui « impacte les voies restantes, et ça bouchonne assez rapidement. L’an dernier, on avait compté entre 5 et 6 heures entre Valence et Orange car plusieurs voitures s’étaient frôlées de trop près, sur différents secteurs », remarque Samuel Beauchef.

Privilégier les itinéraires bis, si on a le temps

Fabrice Vella, prévisionniste de Bison Futé, rappelle que si l’A7 est « excessivement encombrée », ce n’est pas qu’en été : « On l’appelle l’autoroute du soleil, mais elle ne se limite pas à ça, car elle voit aussi passer beaucoup de fret. Si un poids lourd part de Pologne pour se rendre en Espagne, il passera par l’A7, et donc par ce tronçon Lyon-Valence. Tous les trafics qui viennent du Benelux vers l’Espagne ou l’Italie aussi. »

A défaut de pouvoir agrandir l’A7, comment éviter les bouchons dans ce tronçon ? « On essaie de faire des voies de soulagement, comme l’A75, mais ça n’a pas été suffisant », reconnaît Fabrice Vella. Il faudrait plutôt « développer le fret ferroviaire, trouver des alternatives à la voiture… »

Et favoriser les itinéraires bis ? « Oui, mais c’est une autre façon de voyager : il ne sera pas utilisé par les poids lourds, qui n’ont pas de temps à perdre pour leurs livraisons », poursuit le prévisionniste. « Mais pour les vacanciers en été, les itinéraires bis peuvent être intéressants s’ils ne sont pas pressés, s’ils n’ont pas une location à récupérer. Et ça contribuerait à désengorger l’A7 », reconnaît-il. Comme le chantaient Anaïs et Didier Barbelivien dans « Quitter l’autoroute » : « C’est fou ce que ça peut être joli, une départementale »…