Péages : Vinci accorde 10 % de réduction aux automobilistes qui paient par chèques-vacances

AUTOROUTE Les 4,5 millions de Français qui bénéficient de chèques-vacances peuvent déposer jusqu’à 250 euros sur leur badge de télépéage

20 Minutes avec agences
— 
L'autoroute A8 (Illustration)
L'autoroute A8 (Illustration) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Alors que Clément Beaune, le nouveau ministre des Transports, avait appelé les sociétés d’autoroutes à faire un effort sur leur prix, Vinci Autoroutes n’a pas tardé à réagir. La société « a décidé (…) d’accorder sur son réseau 10 % de réduction sur les dépenses de péage payées au moyen de chèques-vacances déposés sur les badges de télépéage Ulys », a indiqué son président Pierre Coppey dans un courrier publié lundi.

Les 4,5 millions de Français qui bénéficient de chèques-vacances peuvent déposer jusqu’à 250 euros sur leur badge de télépéage, soit une remise maximale de 25 euros. Cette mesure entre en vigueur le 14 juillet, et sera effective pour tous les trajets effectués jusqu’au 15 septembre. De son côté, le groupe Sanef a annoncé avoir pris la même décision et offrira la même ristourne afin de répondre à la demande de Clément Beaune.


Bientôt une discussion avec les sociétés d’autoroutes

Dans une interview accordée au Parisien dimanche, le ministre des Transports avait demandé « un geste » aux sociétés d’autoroute. « Le gouvernement a concentré ses efforts sur le carburant, avec la ristourne de 18 centimes qui se prolonge jusqu’à l’automne. Nous allons, avec Bercy, réunir tous les acteurs autour de la table, pour réfléchir à des actions. Il serait utile que les sociétés d’autoroute fassent un geste. Comme ont pu le faire TotalEnergies et d’autres, dans les stations-service », avait indiqué le ministre, qui s’est « félicité » ce mardi de la réponse des concessionnaires.

Lors d’une visite à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle aujourd’hui, le ministre a indiqué qu’il aurait « une discussion dès le milieu de semaine avec des sociétés d’autoroute pour regarder les sujets de très court terme ». « Il y a la question des péages qui sont revalorisés ou réévalués chaque année en général au mois de février : nous anticiperons ces discussions avec les sociétés d’autoroute, cela prendra plusieurs semaines », a indiqué Clément Beaune. Le groupe Sanef, filiale du groupe espagnol Abertis, s’est dit dans un communiqué « ouvert à une concertation avec l’Etat pour mieux assurer la modération du tarif autoroutier sur le long terme, dans le contexte inflationniste nouveau que nous connaissons ».

« Mettre en œuvre des solutions pérennes »

Du côté de Vinci, Pierre Coppey a expliqué que « les sociétés concessionnaires d’autoroutes ne profitent pas de l’inflation, qui les pénalise comme beaucoup d’entreprises, dans la mesure où les prix des travaux qu’elles ont à exécuter pour la construction et le bon entretien du réseau flambent ». Par ailleurs, « les tarifs autoroutiers n’ont pas été affectés par la vague actuelle d’inflation », a-t-il souligné, avec une augmentation annuelle de 2 % au 1er février 2022. « Dans le contexte, probablement durable, de forte tension sur les prix des énergies fossiles, la seule façon de protéger à long terme le pouvoir d’achat est de mettre en œuvre des solutions pérennes pour décarboner le transport routier, qui représente, rappelons-le, 85 % des déplacements de nos concitoyens », a-t-il ajouté.

Vinci a également rappelé qu’elle avait déjà proposé un « plan de décarbonation de l’autoroute » comprenant des plateformes d’échanges multimodales, des parkings de covoiturage, et d’autres solutions censées « réduire la dépendance des automobilistes aux carburants ». « Un plan d’investissements de cette ampleur pourrait évidemment comprendre aussi des mesures de modération tarifaire limitant l’impact de la répercussion de l’inflation sur les hausses de péage de ces prochaines années, inscrites dans les contrats de concession », a indiqué le président de Vinci Autoroutes dans son communiqué.