A Nice, le CHU doit réorienter ses patients par manque de personnels aux urgences

CRISE Le service des urgences du Centre hospitalier universitaire de Nice ne peut plus accueillir de patients, les cas les moins graves sont redirigés vers les autres hôpitaux du département et les cliniques privées

Elise Martin
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L'entrée des urgences de l'hôpital Pasteur à Nice.
L'entrée des urgences de l'hôpital Pasteur à Nice. — C. PARIS/AP/SIPA
  • Les urgences de Nice freinent les admissions depuis lundi 16 heures.
  • En cause, le manque d’effectifs.
  • Une situation dénoncée depuis « longtemps » d’après le secrétaire général FO au CHU de Nice.

« Au moment où la population double et où tout est bondé, nous, on n’est pas capable d’assurer les urgences », lâche Michel Fuentes, secrétaire général de Force ouvrière (FO) au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice. Il dénonce « depuis longtemps » cette situation mais se sent « méprisé ». La situation a alors explosé « à la veille du 14-Juillet ».

Depuis lundi soir, ce service du CHU réoriente les cas « les moins graves » vers les cinq autres hôpitaux du département ou les cliniques privées. « Je me bats pour qu’on ait tous accès aux soins, c’est un des piliers de la France et il est en train d’effondrer », alarme le secrétaire général FO qui rappelle que les urgences adultes de Nice sont les premières de France avec plus de 300 passages par jour.

L’alerte à l’agence régionale de santé (ARS) a alors été donnée dès 16 heures lundi, d’après Nice-Matin, où les admissions ont été limitées de 20 à 30 %, a indiqué au journal local Pierre-Marie Tardieux, cheffe du pôle urgences Samu, Smur 06 du CHU de Nice. Plus aucun des 100 lits n’était disponible lundi soir alors que « 230 entrées » avaient été enregistrées à 20 heures, et ce, depuis minuit. Selon la responsable, « jusqu’à 40 % d’effectifs en moins » sont constatés en ce moment à cause des vacances, des contaminations Covid ou des burn-out.

Un « Ségur n° 2 »

D’après Michel Fuentes, cette situation résulte « d’un malaise » au niveau du personnel. « Les conditions de travail ne sont pas correctes et font fuir les professionnels de santé. On n’arrive plus à recruter et surtout, on n’arrive pas à garder nos effectifs. On est obligé de faire des nuits quatre week-ends par mois alors que dans les textes, c’est maximum deux. Et on n’a rien pour se restaurer lors de ces services. Il n’y a pas un jour où une personne vient me voir en pleurant parce qu’elle veut démissionner. Qu’on ne me parle pas de désert médical dans les campagnes, c’est le cas dans la 5e ville de France, là où on a vécu les attentats, la tempête Alex et le Covid. »

Il ajoute : « Au lieu de soigner, l’hôpital de Nice rend malade son personnel. » Il réclame un « Ségur n° 2 » avec « des efforts d’attractivité » dans une ville où la « vie est très chère » comme des « logements réservés » et éventuellement « la gratuité » des transports.


Le secrétaire général FO sera reçu mercredi par l’ARS et la ville de Nice. Christian Estrosi a réagi sur Twitter en « dénonçant cette situation inacceptable ». Il a annoncé avoir « immédiatement saisi le ministre de la Santé pour que des réponses rapides et durables soient trouvées » pour le CHU et a envoyé sa « reconnaissance » envers les soignants.

En attendant cette rencontre, une réunion vient de se tenir en présence du maire de Nice, également président du conseil de surveillance du CHU ainsi que des représentants de l’ARS et des établissements publics et privés pour « assurer une réponse territoriale coordonnée », a indiqué la direction du CHU à travers un communiqué.

Cette dernière assure être « en lien permanent avec les équipes des urgences » et « mobilisée afin de trouver des solutions pérennes pour désengorger les urgences et permettre aux patients le nécessitant d’être hospitalisés dans les meilleures conditions ». Elle ajoute que « la priorité du CHU est de rétablir une capacité en lits d’hospitalisation suffisante pour absorber l’aval des urgences ».