Fortes chaleurs : Les pompiers face à l’inquiétante hausse des feux de récolte

INCENDIES Les conditions climatiques de ces derniers jours entraînent la multiplication des feux de récolte en France

Julie Urbach
Intervention de pompiers du Sdis 44 sur un feu de récolte.
Intervention de pompiers du Sdis 44 sur un feu de récolte. — Ch. Marion / Sdis44
  • Sécheresse, températures élevées, vents… En plus des incendies de forêt, de nombreux feux se déclarent aussi dans les champs ces derniers jours.
  • Exemple en Loire-Atlantique, où 80 hectares ont déjà brûlé depuis la mi-mai.

« Départs de feux en série dans les champs en Côte-d’Or ». « Maine-et-Loire : Trois ha de récoltes en feu ». « Une vingtaine d’hectares partent en fumée dans le Cher »… Alors que les feux de forêts ont déjà commencé à faire de gros dégâts dans le sud, les pompiers sont également à pied d’œuvre aux quatre coins de la France ces derniers jours pour faire face aux nombreux incendies qui surviennent dans les champs.

Dans l’Ouest, la Loire-Atlantique n’échappe pas à ce phénomène qui devient particulièrement inquiétant alors que les températures s’annoncent de nouveau très élevées cette semaine. « Il y a tous les jours des interventions, plus ou moins marquantes, indique le capitaine Vincent Le Lannic. Depuis mi-mai, nous sommes déjà intervenus une quarantaine de fois. » Au total, 80 hectares ont déjà brûlé, soit un quart de surface en plus qu’à la même période en 2019, année qui avait déjà fortement mobilisé les hommes du Sdis 44. Rien que lundi, près de 160 sapeurs-pompiers sont intervenus sur douze feux de végétation, dont des récoltes.

Intervention de pompiers du Sdis 44 sur un feu de récolte
Intervention de pompiers du Sdis 44 sur un feu de récolte - Ch. Marion / Sdis44

Tout part d’une étincelle

Il faut dire que l’été qui démarre est malheureusement propice au phénomène. Sécheresse, mercure qui grimpe parfois très haut, vent… Des conditions climatiques qui ne font pas bon ménage avec des moissons qui ont démarré un peu plus tôt cette année. « Tout part généralement d’une étincelle, explique Vincent Le Lannic. Un défaut mécanique de l’engin ou une pièce métallique qui touche une pierre, puis le feu éclot et se développe vite, aidé par des vents très présents ces derniers jours. » Généralement et heureusement, aucune victime n’est à déplorer, bien que les dégâts matériels peuvent être importants. « Notre priorité est d’abord de repérer les points sensibles, c’est-à-dire les habitations ou les bâtiments agricoles, afin de les protéger », précise Vincent Le Lannic.

Il faut ensuite « frapper vite et fort » afin de « casser la tête du feu » puis agir sur « les flancs ». Quatre camions-citernes peuvent être mobilisés, avec parfois l’appui d’un véhicule de grande capacité, qui contient 10.000 à 12.000 litres d’eau. Mais sur ces feux de récolte, à l’instar des feux de végétation eux aussi récurrents (17 % de l’activité incendie du Sdis 44), la prévention est également nécessaire. « On recommande aux agriculteurs de contrôler régulièrement leurs machines, illustre le Sdis. La mise à disposition d’une herse peut être bienvenue pour retourner la terre et contenir le feu. Il est aussi recommandé de faire une première coupe au milieu du champ et tout autour, pour limiter la propagation à d’autres parcelles. »


Dans certaines régions, comme en Centre-Val-de-Loire, le préfet et la chambre d’agriculture ont carrément lancé un appel à volontaires pour la constitution d’une cohorte d’agriculteurs, qui participeront notamment à des ateliers de découverte des techniques d’intervention. Une application mobile a aussi été lancée pour connaître les zones à risque, en temps réel.