Vacances d’été : Entre découverte de soi, aventures et vivre ensemble, ils racontent leur expérience de scoutisme et d’éclaireurs

VOTRE VIE VOTRE AVIS Cet été, ils seront des milliers à prendre la route vers leurs camps et à éprouver les valeurs du vivre ensemble

S.A.
(Illustration) Des scouts d'Europe au grand pardon de Sainte-Anne d'Auray dans le Morbihan en Bretagne.
(Illustration) Des scouts d'Europe au grand pardon de Sainte-Anne d'Auray dans le Morbihan en Bretagne. — GILE MICHEL/SIPA

Sur la route des vacances, ils ne passeront pas inaperçus. Avec leurs foulards, leurs chants de cohésion et leurs massifs sacs à dos, les scouts et les éclaireurs de France sont repartis pour de nouvelles aventures. Jugés ringards par certains, ils ont pourtant toujours le vent en poupe, 115 ans après leur création.

Mais c’est quoi le scoutisme ? « L’école de la vie pour vivre ensemble », nous répond Patrick, ancien des scouts d’Europe 1re d’Issy-Les-Moulineaux. Nombreux sont nos lecteurs et lectrices à garder de bons souvenirs de jeunesse de ces étés en nature. Ben, éclaireur de ses 10 à 24 ans, y a expérimenté « la débrouillardise, l’apprentissage de l’autonomie, la solidarité, la nature ». Ce « Parisien pur jus », qui salue la mixité sociale des camps, a découvert chaque mois de juillet « la France et ses campagnes ». Et cerise sur le gâteau, il y a rencontré celle qui est aujourd’hui sa femme. Il a désormais hâte que ses enfants « soient assez âgés pour rejoindre le mouvement et revêtir la chemise et le foulard ».

Scout un jour, scout pour toujours

Virginie, éclaireuse de ses 12 à 25 ans, a aussi hâte de partager avec les siens cet univers riche de valeurs « solides et fondamentales », « d’amitiés éternelles », d'« aventures improbables » et de rencontres aussi bien internationales que départementales. Des moments incroyables comme celui de Marikat : « Le 21 juillet 1969, j’étais en camp de guides à Névache et toute la nuit, nous avons écouté la radio pour raconter ce moment extraordinaire où Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune ».

Essayer le scoutisme, c’est parfois l’adopter pour de longues années, comme Christophe qui fera son 52e camp au mois d’août et nous invite à lui rendre visite dans les Cévennes. Guillemette était guide l’été dernier. « C’est rare d’avoir, à 17 ans, la responsabilité de faire grandir des jeunes filles et de leur apprendre à vivre dans la nature tout en améliorant son caractère », confie l’ex-cheftaine. Elle chérit les veillées, les tentes effondrées et cet amour de la nature qu’elle a vécu durant les neuf dernières années. « Chaque nouveau camp est une découverte, où chacune et chacun est une sœur ou un frère à protéger, à encadrer », selon Jean-Philippe, qui rend hommage à la mémoire de son ex-chef de troupe, dont les enseignements lui ont été « d’une utilité incroyable » dans ses vies personnelle et professionnelle.

Découverte de soi

Au-delà de la nostalgie des beaux moments passés et de la beauté de nos régions, il y a toute une phase d’apprentissage qui a marqué d’anciens louveteaux et louvettes. Nine a appris à mieux se connaître, à « découvrir le monde sous un autre regard, les gens autrement ». Cette citadine de 16 ans – qui n’aurait jamais imaginé ça possible - rempile cette année, « direction le Morvan peuplé de ses nombreuses vaches et moins nombreux habitants ». Durant ces étés, François-Xavier, 46 ans, a « appris à écouter, à observer, à obéir et à grandir ». Il y a non seulement « épanoui sa personnalité et son caractère », mais aussi sa foi au sein de son mouvement catholique. C’est grâce au scoutisme que Marie et Baptiste sont sortis de leur coquille, ouverts aux autres et sont plus à l’aise en public.

Attention, tout n’est toujours rose. Après neuf ans de scoutisme, Pio a raccroché le jour où ses chefs des Scouts de France « ont profité d’un 'temps spirituel' pour nous lire la position de l’Eglise catholique sur l’homosexualité ». Une trahison pour l’ado qu’il était à l’époque et qui se posait de nombreuses questions.