Nord : Un médecin retraité recycle des champs opératoires en sacs de couchage pour les SDF

SOLIDARITE Ancien praticien ORL dans une clinique du Nord, le Dr Maetz récupère les draps stériles utilisés au bloc opératoire pour les transformer en sacs de couchage distribués gratuitement aux personnes sans abri

Mikaël Libert
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Une personne sans domicile (illustration).
Une personne sans domicile (illustration). — C.Follain / 20 Minutes
  • Un médecin retraité a créé une association pour venir en aide aux personnes SDF.
  • Il récupère des champs opératoires voués à la destruction pour les recycler en sacs de couchage.
  • Son association recherche des subventions pour augmenter la production de sacs et étendre son rayon d’action pour toucher davantage de bénéficiaires.

Charité bien ordonnée commence par les autres. Après avoir consacré sa vie active à la médecine, le docteur Bruno Maetz occupe sa retraite à aider les personnes dans le besoin. Inspiré par l’initiative d’une infirmière avec laquelle il travaillait lorsqu’il pratiquait encore la chirurgie ORL à la clinique Saint-Amé, à Douai, dans le Nord, il a mis sur pied le projet Bettina. L’idée étant de recycler des champs opératoires voués à la destruction pour en faire des sacs de couchage pour les personnes sans domicile.

Le sac de couchage Bettina.
Le sac de couchage Bettina. - 20 Minutes

A l’époque, il y a quelques années maintenant, le Dr Maetz avait découvert que son infirmière de bloc, prénommée Bettina, passait son temps libre à confectionner des duvets pour les SDF à partir de champs opératoires récupérés à la clinique. « Elle faisait cela seule, à son échelle, et même si elle cousait vite, cela lui prenait tout de même une heure trente pour terminer un sac », se souvient Bruno Maetz. Touché par cette initiative, le chirurgien ORL, avec l’accord de Bettina, a décidé de passer la vitesse supérieure.

Une manne gratuite et quasi inépuisable

Il a mis dans le coup le club service Kiwanis de Douai, dont il est adhérent, pour améliorer le sac et tâcher de le produire en plus grande quantité. « On a travaillé avec l’association les Maraudes pour élaborer le prototype. Il fallait qu’il soit assez large, doté d’une poche pour mettre des affaires et qu’il soit robuste et relativement imperméable », détaille Bruno Maetz.

Pour la matière première, la clinique Saint-Amé, du groupe Ramsay, fournit gratuitement au médecin retraité une manne quasi inépuisable. « Ce sont des draps stériles que l’on utilise pour disposer sur les appareils dans les blocs opératoires et qui ne sont donc pas souillés de sang », tient à préciser le Dr Maetz. Plusieurs sont nécessaires à chaque intervention et ils sont systématiquement jetés ensuite. « Il s’agit de tissu assez épais qui a l’avantage de ne pas brûler et qui est déperlant », ajoute-t-il.

La confection, ce sont les travailleurs de l’Esat de Valenciennes qui s’en chargent. Une cinquantaine de sacs de couchage ont ainsi été produits et confiés aux associations d’aide aux SDF qui se chargent de la distribution. « Ce projet est écologique par son côté recyclage, social car il fait travailler des personnes handicapées, et humanitaire. Mais il a aussi un coût que nous, bénévoles, ne pouvons pas assumer indéfiniment », reconnaît Bruno Maetz. Le prix de revient d’un sac est de l’ordre de 20 euros, l’association Bettina recherche ainsi des bienfaiteurs pour que cette initiative perdure, voire pour l’étendre. A 68 ans, l’ex-médecin a pris son bâton de pèlerin pour partir à la chasse aux subventions. A votre bon cœur, mesdames et messieurs les élus.