Sécurité routière : Pourquoi écouter un podcast ou de la bonne musique est très recommandé au volant

VACANCES Ce week-end est celui du début des grands départs en vacances, et les conducteurs sont confrontés au risque de s’endormir au volant

Delphine Bancaud
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Choisir son programme audio retarde l'apparition de la somnolence au volant.
Choisir son programme audio retarde l'apparition de la somnolence au volant. — Canva
  • Le facteur « somnolence et fatigue » est responsable de 15,8 % des accidents mortels sur autoroutes, selon le bilan 2021 de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa).
  • Et d’après une étude scientifique d’Assurance Prévention parue ce mercredi, les stimulations auditives auraient un impact sur la vigilance au volant.
  • Choisir sa musique ou son programme boosterait particulièrement des zones du cerveau qui jouent un rôle dans la mémoire et les émotions, comme l’hippocampe et l’amygdale.

Ce vendredi soir signe le début des vacances scolaires, et ce week-end sera l’un des plus chargés de l’été sur les routes de France. Ce qui accentue de fait le risque d’accidents, et notamment ceux liés à la somnolence au volant. Selon les données de l’Assurance française des sociétés d’assurances (Afsa), la fatigue et la somnolence sont la première cause de mortalité sur autoroute, responsables de 15,8 % des accidents mortels en 2021. Car elles entraînent des périodes de microsommeil de 1 à 4 secondes chez le conducteur.

Or, 4 secondes, c’est 150 mètres parcourus si on roule à 130 km/h sur l’autoroute. « Les causes de ce manque de sommeil sont multiples : beaucoup de conducteurs travaillent tard la veille du départ ou font leurs bagages dans la nuit. Par ailleurs, certains prennent des médicaments ou font des repas trop copieux, ce qui a tendance à aggraver la somnolence », informe Eric Lemaire, vice-président d’Assurance prévention. Et d’après le baromètre 2022 de la Fondation Vinci Autoroutes, près d’un Français sur deux (46 %) continue son trajet bien qu’il se sente très fatigué, un chiffre en augmentation de sept points par rapport à l’an passé

Choisir son programme audio retarde l’apparition de la somnolence

Face au risque de piquer du nez au volant, il y a bien sûr les conseils de base : « Dormir suffisamment la veille, manger léger, boire un verre d’eau par heure, s’arrêter toutes les deux heures pour marcher, aérer son véhicule… », rappelle Eric Lemaire. Mais il existe un moyen plus original pour doper sa vigilance au volant : miser sur les stimulations auditives. C’est ce que prouve une étude d’Assurance prévention publiée ce mercredi.

L’association a placé 97 participants dans un simulateur de conduite pendant 90 minutes sur autoroute​. Ils devaient effectuer un trajet dans des conditions monotones. Répartis en cinq groupes, chacun d’eux était exposé à différentes simulations auditives : le ronronnement normal de l’habitacle, une musique imposée, une musique imposée et entrecoupée de publicités, une musique choisie par le conducteur, et enfin un podcast. Résultats : « 50 % des participants du groupe seulement bercé par le bruit ambiant ont atteint au moins 1 fois un niveau de somnolence extrême (avec survenue de microsommeils), contre 18 % de ceux du groupe écoutant des musiques choisies et 14 % de ceux écoutant un podcast », informe le médecin biologiste Antonin Saldmann.

« L’idéal est d’alterner musique et podcasts pour relancer la stimulation »

Des résultats qu’analyse le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre et addictologue : « Ecouter la musique qu’on aime ou une émission qui nous plaît crée un choc de motivation. Ce qui nous réveille, c’est la parole et l’émotion. Cela va jouer sur notre concentration ». Antonin Saldmann complète l’explication : « Quand on choisit une musique que l’on connaît, on stimule à la fois le cortex auditif dans le cerveau, l’hippocampe (zone de l’apprentissage et de la mémoire) et l’amygdale (traitement des émotions). Et le fait d’écouter un podcast maintien en éveil ses capacités cognitives ».

Des informations bonnes à savoir pour les automobilistes qui vont prendre la route. « Mais il ne faut pas attendre d’être épuisé pour écouter un programme audio. On suggère d’allumer la radio ou de mettre de la musique dès le début du voyage », déclare Antonin Saldmann. « L’idéal est d’alterner musique et podcasts, pour relancer la stimulation », ajoute Michel Lejoyeux. Puisque les programmes audio les plus boostant sont ceux choisis par le conducteur, il faut donc que le copilote s’efforce de lui demander ce qu’il a envie d’écouter. En espérant qu’ils aient les mêmes goûts !

Par ailleurs, même si les simulations auditives retardent la survenue de la somnolence, elles ne l’empêchent pas. Il est donc nécessaire de s’arrêter dès les premiers bâillements. Même si on est très pressé d’arriver sur son lieu de vacances, une sieste vaut toujours mieux qu’un accident.

* Etude de l’association Assurance Prévention menée en 2022 sous le contrôle du professeur Michel Lejoyeux, évaluant l’influence des stimulations auditives sur la vigilance au volant. Les tests ont été effectués en situation de conduite sur autoroute à l’aide d’un simulateur homologué, auprès de 97 sujets répartis en 5 groupes.