Sable, sel, chlore… Les ingrédients de l'été sont-ils vraiment les alliés de nos vies sexuelles ?

AOUTCHATCHATCHA (2/8) « 20 Minutes » vous accompagne durant l’été et avec sa série « Et plus si affinités » vous aide à vivre deux mois « sans tee-shirt, sans maillot » mais avec le mot et le geste justes pour avoir toujours chaud

Diane Regny
— 
Pendant la saison estivale, sel, sable, chlore et autres joyeusetés s'invitent dans nos parties de jambes en l'air mais à quel risque ? (PHOTO D'ILLUSTRATION)
Pendant la saison estivale, sel, sable, chlore et autres joyeusetés s'invitent dans nos parties de jambes en l'air mais à quel risque ? (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Canva
  • La rédaction de 20 Minutes vous accompagne durant l’été. Parce que cette période est souvent celle du grand n’importe quoi côté cœur et côté cul, le « club des 4 » à votre service vous donne quelques « hot stuff » pour passer deux mois « tchatchatcha », tous les lundis soir à 19h30. Alors si vous ne savez pas de quoi parler à l’heure de l’apéro, on est là et, dans l’oreillette, on vous parle nudes, vacances Tinder, peau et sable chaud.
  • Dans ce troisième épisode de notre série « Et plus si affinités », on se penche sur les ingrédients estivaux qui viennent gêner nos vies sexuelles ensoleillées.
  • Le sel favorise l’apparition de mycoses, le sable est « abrasif », le chlore « acide » mais l’ingrédient le plus dangereux pour nos ébats ensoleillés pourrait venir de nous et de nos inconscients…

La saison des amours et du sexe est ouverte. Pour l’occasion, on fait le plein de vitamine D et on sort son nez de sous la couette pour transposer nos ébats au soleil ou sur la plage. Mais si tous les ingrédients sont au rendez-vous pour enchaîner les séances de sexe comme des margaritas, quelques grains de sable peuvent – littéralement – venir enrouer l’engrenage. Sel, sable, chlore et autres joyeusetés s’invitent dans nos parties de jambes en l’air mais quels sont les risques du sexe estival ? Et comment s’en prémunir ?

« Sea, sex and sun »… Le triptyque est alléchant. L’eau est souvent associée à l’érotisme ou à la sensualité. Alors en été, quand on a la chance de poser ses doigts de pieds sur une plage de sable chaud, l’envie d’imiter la chanson de Gainsbourg et la « vague irrésolue » qui « va et qui vient » est entêtante. Pourtant, l’environnement aquatique est assez peu adapté à nos ébats – même s’il existe à présent un aqua-sutra.

La sacro-sainte pénétration et l’eau bénite

« L’eau ne lubrifie pas du tout et on ne peut pas mettre de lubrifiant dans l’eau, donc ça risque d’être un rapport abrasif » qu’il soit vaginal ou anal, souligne la sexothérapeute Margot Fried-Filliozat, autrice de L’intelligence intime – Libérez votre désir et inventez votre sexualité. Par ailleurs, les préservatifs ne sont pas sûrs en cas de sexe aquatique, notamment parce que la lubrification naturelle est pratiquement annulée par l’eau ce qui augmente le risque qu’ils déchirent. Il est donc conseillé de ne tenter l’expérience qu’avec un partenaire régulier – et après les tests de dépistage d’usage.

On en profite pour vous rappeler que si vous sexez entre femmes, vous n’êtes pas à l’abri d’une IST pour autant. Toutefois, si la pénétration est abrasive en milieu aquatique, « il y a tout plein d’autres choses comme la stimulation du clitoris. Et dans l’eau, c’est tout à fait indiqué par exemple », rappelle Adrien Gantois, sage-femme. L’occasion de prendre des vacances de la sacro-sainte pénétration pour faire une escale du côté des caresses, des massages et des stimulations externes. Sans toutefois oublier de protéger nos corps des éléments extérieurs.

La chaleur et l’humidité tapies dans l’ombre

Le porte-parole des Pipelettes, un chat en ligne où des sages-femmes répondent aux jeunes (de façon complètement anonyme) sur la santé sexuelle, rappelle que le sel a aussi un effet délétère. Adrien Gantois compare la flore vaginale à un jardin qui, lorsqu’il est épanoui, est rempli de « beaux hortensias ». En été, le risque de voir ce « jardin » envahi « d’orties » augmente parce que les bactéries prolifèrent dans les environnements humides et chauds, explique-t-il.

« Après une baignade, il faut se rincer à l’eau claire et se changer afin d’éviter la survenue de mycoses », conseille le professionnel. Troquer l’eau de mer pour de l’eau chlorée n’est pas beaucoup plus indiqué. « Le chlore a un caractère acide et va participer à dérégler la flore vaginale », décrypte Adrien Gantois qui répète qu’il faut se rincer à l’eau douce et bien se sécher. « Faire l’amour dans l’eau, ce n’est pas une très bonne idée surtout qu’il y a beaucoup de bactéries notamment dans les piscines », ajoute la sexothérapeute Margot Fried-Filliozat.

Vous reprendrez bien du papier de verre ?

Chez les hommes aussi « une mycose aussi peut intervenir au niveau du gland ou du pénis » notamment quand il y eu beaucoup d’humidité, rappelle Adrien Gantois. L’hygiène intime est importante pour éviter la survenue de ces désagréments mais chez les femmes, attention à ne pas laver l’intérieur du vagin. C’est abrasif et destructeur pour la flore.

Tout comme le sable, qui peut avoir un effet « papier de verre ». Un rapport sexuel sur une plage paradisiaque rime malheureusement avec ces grains de sable distillés partout « sur la serviette, dans les yeux, dans les cheveux, sur les doigts ». « On a cette construction sociale que la liberté sexuelle, c’est faire l’amour dans plein d’endroits différents comme sur la plage et souvent, ce ne sont pas des endroits confortables », souligne Margot Fried-Filliozat, qui regrette que l’on se crée « de nouvelles injonctions » et prône la « jouissance dans la simplicité ».

Le piège de la « bucket list » du sexe

Sentons nous libre de faire l’amour sur la plage. Mais « il faut toujours se demander ce qui m’excite dans cette idée. Est-ce que c’est le fait de pouvoir être vu, d’être au soleil, de se sentir aimé à n’importe quel moment, d’expérimenter cette beauté de la plage avec mon ou ma partenaire ? », esquisse Margot Fried-Filliozat. « On peut être complètement épanoui sans se concentrer sur de nouvelles positions ou de nouveaux lieux, là où on est concentrés sur l’extérieur plutôt que ce qu’il se passe dans nos cœurs ou nos corps », souligne la sexothérapeute. Plus que le sel, le sable ou le chlore, l’ingrédient estival le plus dangereux pour nos sexualités… Ça serait plutôt le conformisme.

Toutes et tous matraqués par les images d’Epinal, les films et les représentations de corps hâlés, mouillés et essoufflés (mais toujours sexy), on se crée des fantasmes extérieurs à notre propre sensualité. Et à force, « les fantasmes des gens sont globalement tous un peu les mêmes, ils sont très codifiés et stéréotypés, ils ne sont plus imaginés », regrette Margot Fried-Filliozat.

Alors plutôt que de considérer nos vies sexuelles comme une « bucket list » avec des lieux et des positions à « faire », écoutons-nous. Ecoutons le consentement de l’autre, toujours, mais aussi nos désirs intérieurs. Cet été, on troque la « bucket list » sexuelle pour un carnet vierge.