La djihadiste Emilie König parmi les femmes rapatriées mardi des camps syriens

TERRORISME Cette femme de 37 ans, originaire de Bretagne et partie en Syrie en 2012, est accusée d’avoir recruté pour l’EI et appelé à commettre des attaques en Occident

20 Minutes avec AFP
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La djihadiste Emilie König a été rapatriée mardi des camps syriens. On la voit ici en 2018.
La djihadiste Emilie König a été rapatriée mardi des camps syriens. On la voit ici en 2018. — Handout / YPG Press Office / AFP

Emilie König, l’une des djihadistes françaises les plus connues, fait partie des 16 mères rapatriées ce mardi en France depuis des camps de prisonniers djihadistes en Syrie, a indiqué une source proche du dossier.

Cette femme de 37 ans, originaire de Bretagne et partie en Syrie en 2012, est accusée d’avoir recruté pour l’EI et appelé à commettre des attaques en Occident, et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Dans la foulée, elle a été placée en détention provisoire après avoir été mise en examen par un juge antiterroriste, a constaté l’AFP lors d’une audience devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

« Elle a l’intention de coopérer »

« Je suis très fatiguée », a soufflé dans le box cette brune au teint gris, vêtue d’une polaire grise et d’un pantalon noir, après l’annonce du délibéré par la juge des libertés et de la détention. La magistrate, à qui Emilie König avait dit vouloir retrouver une « vie de femme », lui a indiqué que les investigations allaient se poursuivre « pour retracer son parcours ». Originaire de Lorient (Morbihan), elle était partie en Syrie en 2012.

Régulièrement apparue dans des vidéos de propagande, elle avait été placée par l’ONU sur sa liste noire des combattants les plus dangereux. Elle est mère de cinq enfants, dont trois nés en Syrie, qui ont été rapatriés en France début 2021. Dans un entretien à l’AFP en avril 2021 du camp de Roj, elle avait dit vouloir « retourner en France ».

« Elle a l’intention de coopérer pleinement avec la justice française », a déclaré à l’AFP son avocat Emmanuel Daoud. « Elle est rentrée pour s’expliquer et pour tenter le plus rapidement possible, selon une échéance qu’elle ne maîtrise pas, de revoir ses enfants », a ajouté Me Daoud, en soulignant qu’elle avait « pleinement conscience d’avoir causé beaucoup de souffrances à sa famille ».

35 mineurs rapatriés

La France a rapatrié 35 mineurs et 16 mères présents dans des camps de prisonniers djihadistes en Syrie depuis la chute de l’organisation Etat islamique (EI), a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

« La France a procédé ce jour au retour sur le territoire national de 35 enfants mineurs français qui se trouvaient dans les camps du nord-est de la Syrie. Cette opération inclut également le retour de 16 mères en provenance de ces mêmes camps », selon le communiqué, qui précise que les mères ont été remises aux autorités judiciaires et les enfants aux .

Séries de détention provisoire

Huit mères ont été placées mardi en garde à vue « en exécution d’un mandat de recherche » et « huit (autres) font l’objet d’un mandat d’arrêt », a expliqué le Parquet national antiterroriste dans un communiqué. Un mineur de 17 ans et sept femmes ont été placés en garde à vue à la DGSI, a précisé une source proche du dossier. La huitième a été placée en garde à vue à la Section antiterroriste (SAT) de la préfecture de police de Paris.

Parmi les mères visées par un mandat d’arrêt, outre Emilie König, six autres femmes ont été mises en examen dès mardi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et pour certaines d’entre elles également pour abandon moral ou matériel d’un mineur par ascendant, a indiqué mardi soir une source proche du dossier.

Elles ont toutes été placées en détention provisoire à l’issue d’audiences devant le juge des libertés et de la détention. Une huitième femme sera présentée mercredi à un juge d’instruction, son mandat d’arrêt ne lui ayant été notifié qu’en fin d’après-midi en raison d’une prise en charge médicale, selon cette même source. Cette femme est atteinte d’un cancer du côlon. Il s’agit du premier rapatriement aussi massif en France d’enfants et de mères depuis la chute en 2019 du « califat » de l’EI.