Montpellier : Avec les « permis d’imaginer », la métropole se lance dans l’urbanisme transitoire

VILLE La collectivité souhaite trouver des vocations temporaires à des sites en construction

Nicolas Bonzom
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La halle Tropisme à Montpellier, un exemple d'urbanisme transitoire réussi.
La halle Tropisme à Montpellier, un exemple d'urbanisme transitoire réussi. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La métropole de Montpellier se lance à fond dans l’urbanisme transitoire.
  • Cette pratique, de plus en plus prisée, consiste à conférer à un lieu une vocation temporaire, en attendant que les aménagements pérennes sortent de terre.
  • Quatre « permis d’imaginer » sont lancés par la métropole et les aménageurs publics.

A Montpellier (Hérault), on mise à fond sur l'urbanisme transitoire. Cette pratique consiste à conférer à un lieu une vocation temporaire, en attendant que les aménagements pérennes sortent de terre. Un lieu culturel, des hébergements sociaux, une boutique solidaire, etc. La métropole, et les aménageurs Serm et SA3M, lanceront en septembre des « permis d'imaginer », sur quatre sites : la tour d’Assas à la Mosson, le mas des Brousses à Cambacérès, au Petit Bard et à la Restanque.

Sur ces lieux, en construction ou en cours de métamorphose, ceux qui le souhaitent, notamment les acteurs associatifs et culturels, pourront proposer des projets, même les plus dingues, qui occuperont ces espaces en friche temporairement. Début 2023, les premières idées sélectionnées seront dévoilées. « Le temps des projets est infiniment long, confie Michaël Delafosse (PS), maire et président de la métropole. Entre le moment où l’on dit "on fait" et le moment où les choses se font, il faut travailler sur comment on fait vivre ces lieux, pour qu’ils deviennent désirables. »

« Un concept génial »

L’urbanisme transitoire, c’est un « concept génial », se réjouit Félix Monteils, un agriculteur du coin. A Eurêka, en construction à Castelnau-le-Lez, où il a planté 3 ha de vergers, il travaille à l’ouverture d’une grange, où lui et ses confrères pourront vendre leur récolte. Elle ouvrira d’ici 2023, puis sera démontée et déménagera sur un autre site en 2025, quand débuteront les travaux du bâtiment prévu à cet endroit.

Dans le quartier de l’ex-EAI, la halle Tropisme est, aussi, un exemple réussi d’urbanisme transitoire. Ce lieu de fête et de culture, qui connaît un gros succès, « est là jusqu’en 2030, explique son directeur, Vincent Cavaroc. Avant que l’on n’arrive, ce quartier n’était pas sur la carte de Montpellier pour la plupart des habitants. C’était un quartier militaire, avec un mur, où il est écrit Secret-Défense. Sans acte transitoire, comme celui-ci, qui vient préfigurer un usage, le jour où les premiers habitants arrivent, c’est dans un no man’s land social, sans identité. Ici, le jour où les premiers habitants s’installeront, ce sera dans un contexte déjà connu des Montpelliérains. »

« Donnant donnant »

Et l’urbanisme transitoire, c’est « donnant donnant », poursuit Vincent Cavaroc. Cela permet à une commune de défricher les usages d’un site vide ou en construction, et à des acteurs culturels, associatifs ou agricoles de donner vie à des projets fous. Qui n’auraient sans doute jamais vu le jour sans l’urbanisme transitoire.

Début 2023, quand les premières idées d’urbanisme transitoire pour la tour d’Assas à la Mosson, le mas des Brousses à Cambacérès, le Petit Bard et la Restanque seront dévoilées, de nouveaux « permis d’imaginer » seront lancés par la métropole et les aménageurs publics. Cette nouvelle vague d’appels à projets concernera d’autres terrains communaux et métropolitains. Mais il n’est pas exclu, si des opérateurs se montrent intéressés, que des terrains privés rejoignent le dispositif.