Affaire Delphine Jubillar : Une nouvelle fois, la justice décide de maintenir le mari en prison

JUSTICE Alors que Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de sa femme Delphine, faisait appel du renouvellement de son placement en détention, la justice a une nouvelle fois décidé son maintien derrière les barreaux

B.C.
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Cédric Jubillar, le mari de Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre à Cagnac-les-Mines, lors d'une marche blanche à Albi.
Cédric Jubillar, le mari de Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre à Cagnac-les-Mines, lors d'une marche blanche à Albi. — FRED SCHEIBER / AFP
  • Depuis plus d’un an, Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de sa femme dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, est en détention provisoire.
  • En juin, la justice a décidé de renouveler son mandat de dépôt pour une durée de six mois. Ses avocats ont fait appel.
  • Une nouvelle fois, la justice a décidé de retoquer l’appel de Cédric Jubillar et le maintenir derrière les barreaux alors que les recherches se poursuivent sur le terrain pour tenter de retrouver le corps de l’infirmière.

Les juges de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse n’ont pas changé d’avis. Pour elles, la place de Cédric Jubillar est bien derrière les barreaux de la maison d’arrêt de Seysses, au sud de Toulouse. Ce lundi, les magistrates ont décidé de suivre les réquisitions de l’avocat général et de maintenir en détention provisoire le mari de l’infirmière disparue du domicile conjugal dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines dans le Tarn.

Mardi dernier, les trois avocats du plaquiste tarnais, en prison depuis plus d’un an pour le meurtre de son épouse, avaient plaidé en appel contre le renouvellement du mandat de dépôt pour six mois de leur client. Ces derniers avaient demandé qu’il recouvre la liberté, évoquant des garanties, notamment au niveau du logement, pour ce père de deux enfants.

« Nous exhortons la justice à respecter les règles, celle de la présomption d’innocence, celle qui dit que la détention est exceptionnelle. Ils parlent d’indices qu’ils prétendent graves et concordants, en prenant le risque de dire tout et son contraire, ou tout et n’importe quoi », avait réagi Me Alexandre Martin à l’issue de l’audience.

Il faisait référence à la voiture qui aurait pu être utilisée pour transporter le corps de l’infirmière. « Une fois c’est la voiture du couple, une fois celle du voisin », ont critiqué les conseils de Cédric Jubillar, dénonçant le dossier « vide » de l’accusation.

« Face à un entêtement »

Contrairement aux avocats de la partie civile pour qui l’instruction vient conforter les indices graves et concordants, notamment les analyses du téléphone de Cédric Jubillar qui montrent selon Laurent Boguet, qui défend les intérêts des enfants du couple, que Cédric Jubillar l’a volontairement éteint la nuit de la disparition.

« On doit combattre des éléments juridiques qui n’en sont pas, des éléments à charge qui n’en sont pas. Nous continuerons à nous entêter de la même manière que la justice en sens inverse. Nous allons continuer à exercer les droits qui sont les nôtres pour essayer de faire avancer les choses. Nous sommes face à un entêtement qui ne peut conduire qu’à un désastre », a déploré ce lundi Me Emmanuelle Franck, l’une des avocats de Cédric Jubillar après la décision de la chambre de l’instruction.