Violences sexuelles : Forte augmentation des dépôts de plainte en 2021

#METOO Près de 76.000 plaintes pour viol ou agression sexuelle ont été enregistrées

X.R.
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Le mouvement de libération de la parole des femmes s'exprime aussi dans la rue.
Le mouvement de libération de la parole des femmes s'exprime aussi dans la rue. — KONRAD K./SIPA

La libération de la parole des femmes continue. Après une accalmie en 2020, année marquée par le premier confinement, les dépôts de plainte pour violences sexuelles sont repartis à la hausse en 2021. Et ce de manière fulgurante, avec 33 % de plaintes en plus par rapport à l’année précédente. Au total, près de 75.800 faits de viols, tentatives de viols ou agression sexuelle ont été comptabilisés selon le bilan « Insécurité et délinquance » du service statistique du ministère de l’Intérieur, contre 57.100 en 2020 et 28.000 en 2012.

Une tendance à la hausse depuis plusieurs années donc, avec plusieurs éléments à noter. D’abord, le nombre de plaintes pour des faits remontant à plus de cinq ans grimpe lui aussi, de 19 % en 2021 contre une hausse de 13 % en 2018. Plus impressionnant, la part de plainte concernant des faits alors que la victime était mineure bondit de 27 % en un an, et un tiers de ces faits ont eu lieu dans le cadre familial. Le nombre de plaintes pour violences conjugales augmente aussi, dans le cadre d’une hausse généralisée des violences intrafamiliales.

84 % de ces violences au sein de la famille sont des femmes, et parmi elles, neuf sur dix ont été frappées par leur conjoint. Les auteurs de violences sexuelles conjugales sont d’ailleurs des hommes dans 97 % des cas, le plus souvent majeurs et de nationalité française.

Le nombre de plaintes reste éloigné du nombre de victimes réelles

Pour le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure rattaché au ministère de l’Intérieur, cette hausse des plaintes est à mettre sur le mouvement de libération de la parole, dans la foulée de #MeToo et #BalanceTonPorc, mais aussi du Grenelle des violences conjugales. Ce dernier aurait permis une « amélioration de la politique d’accueil des victimes par les services de sécurité, une meilleure articulation avec les intervenants sociaux et les hôpitaux et une plus grande incitation au dépôt de plainte ». Néanmoins, le nombre de plaintes reste éloigné du nombre de victimes réelles. Selon l’enquête « Cadre de vie et sécurité » sur la période 2016-2018, moins d’une victime de violences sexuelles sur six dépose plainte.