Vaucluse : Une « zone à protéger » évacuée après plusieurs mois d’occupation

CONTESTATION La zone était occupée depuis novembre dernier par des opposants à un projet d’extension d’une zone d’activités économiques à Pertuis

20 Minutes avec agence
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Les gendarmes ont procédé à l'évacuation à Pertuis. Illustration
Les gendarmes ont procédé à l'évacuation à Pertuis. Illustration — SICCOLI PATRICK/SIPA

Une « zone à protéger », occupée depuis novembre par des opposants à un projet d’extension d’une zone d’activités économiques à Pertuis (Vaucluse), a été évacuée mardi par la gendarmerie. L’intervention s’est déroulée « dans le calme et sans incident », a indiqué la préfecture de Vaucluse dans un communiqué.

Cette évacuation, qui concerne 26 personnes, fait suite à une décision de justice rendue en janvier par le tribunal de proximité de Pertuis qui « a fait droit à la requête de l’Etablissement public foncier de Provence-Alpes-Côte d’Azur (EPF Paca) », propriétaire des bâtiments occupés, a précisé la préfecture.

Une « zone à patates »

La contestation a débuté en 2019 lorsque les riverains ont reçu les premiers avis d’expropriation en vue de la création d’une « réserve foncière ». Rebaptisé « zone à patates » (ZAP, soit le même acronyme que pour « zone à protéger ») par ses occupants, en hommage à la culture historique de la pomme de terre pratiquée à Pertuis, le secteur évacué regroupe quatre maisons frappées d’expropriation qui ont été parmi les premières à être vendues à l’EPF PACA.

« Sur ces 86 hectares de terres agricoles, il y a quand même 70 % des terres qui sont irriguées, cultivées, productives, en particulier en blé », indique Bernadette Caillot, membre du conseil collégial de l’association Terres vives Pertuis.


Un « projet climaticide et inutile »

« J’apprends avec colère l’évacuation de la zone à patates (ZAP) à Pertuis, où des jeunes se sont regroupés pour protéger 87 hectares de terres fertiles menacées par le béton dans la plaine de la Durance », a réagi dans un communiqué Sébastien Barles, adjoint EELV au maire de Marseille et conseiller de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Avec d’autres élus des Bouches-du-Rhône, notamment le député LFI de Marseille, Manuel Bompard ou encore le réalisateur Cyril Dion, Sébastien Barles avait adressé début juin une lettre ouverte à la présidente de la métropole, la LR Martine Vassal, pour lui demander « l’arrêt immédiat de ce projet climaticide et inutile », alors même que « la transition, le zéro artificialisation nette et la planification écologique sont présents dans tous les discours des dirigeants ».