Bretagne : Confrontée à une pénurie de conducteurs de cars, la région sort le chéquier

TRANSPORTS Les conducteurs de cars travaillant à temps partiel sur le réseau BreizhGo vont être revalorisés à hauteur de 150 euros brut par mois

Jérôme Gicquel
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Illustration d'un car scolaire du réseau BreizhGo.
Illustration d'un car scolaire du réseau BreizhGo. — Jérôme Sevrette / Région Bretagne
  • Comme partout en France, la région Bretagne fait face à une pénurie de conducteurs de cars.
  • Cela aura des conséquences à la rentrée scolaire avec des lignes qui vont être supprimées ou fusionnées.
  • Pour enrayer le phénomène, la région débloque dix millions d’euros sur trois ans pour financer des formations et augmenter certains salaires.

« On est tous en galère ». En Bretagne comme ailleurs, la rentrée scolaire s’annonce tendue en raison de la pénurie de conducteurs de cars. Rien que dans la région, plus de 500 chauffeurs manquent à l’appel, dont 260 sur le réseau BreizhGo opéré par le conseil régional. « C’est la première fois qu’on va manquer de chauffeurs à la rentrée », déplore le président Loïg Chesnais-Girard. Pour les usagers, ce manque criant de main-d’œuvre va se faire sentir à partir de septembre avec des lignes qui seront supprimées, tandis que d’autres seront agglomérées. « On va devoir fusionner des lignes, ce qui aura pour conséquence des temps de trajets plus longs et des départs qui se feront plus tôt », prévient-il.

Plusieurs facteurs expliquent cette pénurie qui touche depuis plusieurs années le secteur du transport de voyageurs. Le manque d’attractivité tout d’abord, avec des rémunérations jugées faibles. Mais aussi des conditions de travail difficiles, avec bien souvent des horaires décalés. Et puis, La crise sanitaire est passée par là pour en rajouter une couche.

Formation et revalorisation des salaires

Pour résoudre ce délicat problème et tenter de susciter des vocations, la région Bretagne se voit contrainte de sortir le chéquier et de débloquer dix millions d’euros sur trois ans. Une somme qui doit permettre de financer la formation de futurs chauffeurs. « Il faut qu’on arrive à mieux parler de ces métiers pour toucher des personnes qui en sont très éloignés et qui pourraient être intéressées par un complément de salaire », souligne le président socialiste de la région.

À l’occasion de sa session plénière, la collectivité s’apprête également à voter, ce vendredi matin, une hausse des salaires pour les conducteurs de cars travaillant à temps partiel ​sur le réseau BreizhGo. La mesure concernera les conducteurs mobilisés tôt le matin puis seulement en fin d’après-midi pour le transport scolaire. Pour « valoriser cette coupure », les 1.500 conducteurs du réseau BreizgGo concernés seront revalorisés à hauteur de 150 euros brut par mois. La région s’engage aussi à verser aux conducteurs de cars un treizième mois dès l’embauche, « sous réserve de présence dans le poste au 31 décembre ».