Oui, Emmanuel Macron a en partie tenu sa promesse de verser une indemnité aux profs en éducation prioritaire renforcée

FAKE OFF Un lecteur nous a demandé si le président avait tenu sa promesse de verser une indemnité de 3.000 euros net à tous les enseignants en éducation prioritaire renforcée. Si l’indemnité a bien été mise en place, celle-ci compte en fait une part de variable

Mathilde Cousin
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L'indemnité promise par Emmanuel Macron aux enseignants en REP+ a bien été versée, mais une partie est variable.
L'indemnité promise par Emmanuel Macron aux enseignants en REP+ a bien été versée, mais une partie est variable. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA
  • Un doute sur une info ? Vous pouvez nous contacter sur Whatsapp pour qu’on la vérifie. Un lecteur nous a ainsi demandé si Emmanuel Macron avait tenu sa promesse, faite en 2017, de verser une indemnité de 3.000 euros net à tous les enseignants en éducation prioritaire renforcée.
  • L’indemnité a bien été mise en place à partir de 2018, mais elle comporte une part de variable, ce qui ne figurait pas le programme de campagne d’Emmanuel Macron en 2017.

Alors que le gouvernement vient d’annoncer une augmentation du salaire des fonctionnaires de 3,5 %, Emmanuel Macron a-t-il vraiment tenu sa promesse de verser une indemnité aux enseignants en REP +, les zones d'éducation prioritaire renforcée ? C’est la question que nous a envoyée un lecteur via notre nouveau service Whatsapp pour lutter contre les fake news.

Emmanuel Macron s’y était effectivement engagé lors de sa campagne en 2017. « Les enseignants du premier et du second degré qui exercent en REP + seront mieux accompagnés et recevront une prime annuelle supplémentaire de 3.000 euros net ».

FAKE OFF

Si la mise en place de l’indemnité a été progressive depuis 2018, tous les enseignants ne touchent pas ces 3.000 euros dans leur entièreté : celle-ci comporte en effet une part modulable, ce qui n’était pas précisé dans le programme d’Emmanuel Macron. Sur le site de l’Education nationale*, il est indiqué que les enseignants et les professeurs en REP + avaient à la dernière rentrée de septembre une indemnité de 5.114 euros brut, dont une part modulable pouvant s’élever jusqu’à 702 euros par an.

Ce montant de 5.114 euros est composé d’une ancienne indemnité qui avait été mise en place en 2015, pendant le quinquennat de François Hollande, et de l’indemnité promise par Emmanuel Macron. Celle-ci a été progressivement déployée par tranche de 1.000 euros à partir de la rentrée de 2018.

Toutefois, tous les enseignants et professeurs ne touchent pas cette indemnité de 3.000 euros dans son entièreté, rappelle à 20 Minutes Anne-Sophie Legrand, secrétaire nationale du Snes-FSU et responsable du secteur collège. La syndicaliste déplore cette situation : une partie de la dernière tranche de 1.000 euros est en effet variable. Sur cette part, tous les enseignants ont la garantie de toucher 400 euros net, ensuite 25 % toucheront 200 euros supplémentaires, 50 % 360 euros et le dernier quart 600 euros.

Les enseignants ne sont pas évalués individuellement pour savoir quel niveau ils vont toucher : les montants sont attribués par établissement. Mais sur quels critères ? C’est la participation à plusieurs dispositifs qui a été scrutée cette année : « les vacances apprenantes, l’école ouverte ou les cordées de la réussite », énumère Anne-Sophie Legrand, qui rappelle que la mise en place de l’indemnité « est très variable d’une académie à l’autre. Certaines l’ont mise en place dès avril, d’autres en mai ne savaient toujours pas quelles primes ils allaient recevoir ». La part de variable est reconduite pour la prochaine année scolaire, confirme-t-elle.

La syndicaliste dénonce également un « gros hiatus entre les enseignants en REP et REP + ». Les enseignants en REP, la majorité du réseau d’éducation prioritaire, touchent une indemnité brut de 1.734 euros, soit 3.380 euros de moins que l’indemnité la plus élevée en REP +. 12,3 % des écoliers du public étaient scolarisés en REP à la rentrée 2020 et 14,3 % des collégiens du public, selon l'Education nationale. Ils étaient un peu moins en REP + : 8 % des écoliers et 7,3 % des collégiens.

* Contactée, l’Education nationale n’a pas été en mesure de donner suite à nos sollicitations avant la publication de l’article.