Marseille : Comment le Delta Festival veut protéger les festivaliers des piqûres de GHB et des violences sexuelles

SAFE PLACE Une brigade « safe delta », une « safe zone », l’application « The Sorority », une surveillance vidéo renforcée, le festival déploie son dispositif contre les violences faites aux femmes

Caroline Delabroy
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Le Delta Festival accueille à Marseille 150.000 personnes en cinq jours
Le Delta Festival accueille à Marseille 150.000 personnes en cinq jours — Joffrey Wingrove
  • Le Delta Festival à Marseille met l’accent cette année sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et contre les discriminations en tous genres.
  • Vidéo, application, brigade dédiée, safe zone : le festival déploie un vaste dispositif pour prévenir les agressions et soumissions chimiques au GHB, et rassurer les festivalières attendues en nombre pour cette édition avec de nombreuses têtes d’affiche.

Le Delta Festival attend 150.000 festivaliers sur cinq jours, à partir de ce mercredi, sur les plages du Prado à Marseille. Une édition de grande ampleur, avec cinq scènes et de nombreux artistes. Et surtout un dispositif inédit pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles ou encore les discriminations en tous genres. « Du stade d’embryon, le village du vivre-ensemble est devenu cette année un monstre, nous sommes passés de 6 à 60 associations sur cette thématique », relate Lise Perrin, la responsable de cet espace.

Plus encore, le festival prend à bras-le-corps le sujet des soumissions chimiques, avec la vague de piqûres dans les boîtes de nuit. Le dispositif vidéo a été renforcé, avec des caméras sur toutes les fosses et les zones à forte concentration, et des images surveillées en direct par le PC sécurité. En cas de problème, celui-ci peut avertir la « safe zone » pour aller à la rencontre de la victime. Ce nouvel espace réunit des associations, une médiatrice, un juriste, et des outils tels que des capotes de verre pour protéger aussi sa consommation d’alcool.

« The Sorority » pour la première fois sur un festival

« Tout notre staff et les bénévoles ont été formés aux situations de harcèlement ou d’agression », indique Lise Perrin. Sans compter les trente personnes de la brigade « safe delta », repérables à leurs gilets violets, qui sont en maraude durant tout le festival sur le site. Leur mission : aller au contact du public, de façon préventive et dissuasive, mais aussi pouvoir se déployer rapidement auprès de la victime.

Enfin, les festivalières sont invitées, via des panneaux QR code installés à plusieurs endroits du site, à télécharger l’application « The Sorority ». « C’est une sécurité supplémentaire, nous avons mis des choses en place, mais le festival est grand, poursuit Lise Perrin. Dans l’urgence, tous les moyens sont bons pour agir. » Lancée en septembre 2020, cette application dédiée aux femmes et aux minorités de genre réunit à ce jour 34.000 personnes au profil vérifié.

« L’idée est d’avoir nos yeux partout et de déplacer vers l’agresseur l’effet de sidération », explique sa fondatrice Priscillia Routier Trillard. L’alerte lancée via l’application permet d’avertir, via la géolocalisation, les cinquante premières personnes autour de soi présentes sur l’application, qui peuvent alors aller vers la victime et/ou avertir les secours selon où elles se trouvent. « L’objectif est d’arriver au plus tôt et de mettre fin à l’agression, l’application donne aussi le nom et le visage de la personne », indique Priscillia Routier Trillard.

C’est la première fois qu’elle noue un partenariat avec un festival. « L’application est particulièrement pertinente dans le cas des soumissions chimiques et piqûres, estime Lise Perrin. Elle permet de ne pas être seule si on se sent partir et de prouver son état. » Et elle peut garantir aussi un retour sûr hors les portes du festival.