Lyon : De la K-pop aux éventails, les Lyonnaises du Yag Crew font danser les cultures coréennes

PASSION COREE La Korean Touch, salon des cultures pop coréennes, se déroulera les 2 et 3 juillet à l’hippodrome de Vaulx-en-Velin. Rencontre avec les danseuses lyonnaises du Yag Crew, qui y fusionnent tradition et modernité

Jennifer Lesieur
— 
Le Yag Crew a représenté le consulat de Corée aux dernières fêtes consulaires, à Lyon, en juin.
Le Yag Crew a représenté le consulat de Corée aux dernières fêtes consulaires, à Lyon, en juin. — YAG CREW
  • Introduite en France grâce à la K-pop, la culture pop coréenne séduit de plus en plus d'amoureux des cultures asiatiques.
  • Parmi ces aficionados, le Yag Crew, une troupe de danse lyonnaise composée d'une dizaine de jeunes filles très connaisseuses de chaque aspect de la Corée.
  • Leur fusion réussie entre danse traditionnelle et K-pop moderne explique en partie comment le monde, et la France en particulier, s'est passionnée pour le pays du matin calme.

Un simple phénomène de mode, la K-pop ? Pas pour les Lyonnaises du Yag Crew. En créant cette troupe de danse coréenne en 2016, les six jeunes fondatrices ne se doutaient pas que leur hobby allait les mener loin. Loin… jusqu’au pays du matin calme.

« Je pars en Corée l’an prochain pour une année d’apprentissage intensif de la langue », confie Alyssia Gaoua, 24 ans. Etudiante en journalisme, elle a un rêve : « Devenir correspondante en Asie de l’Est ». Un parcours logique pour celle qui a baigné très tôt « dans les cultures chinoise et japonaise, parce que ma famille est passionnée de littérature asiatique ».

Maîtriser aussi bien la danse traditionnelle que la K-pop

Même effet domino pour Gabriela Lecourt, 21 ans, étudiante en ressources humaines : « Ma passion pour la Corée a commencé quand j’ai découvert la K-pop, vers 14-15 ans. Je me suis intéressée au pays, à la culture, et mon intérêt s’est étendu à l’Asie en général », dit-elle. Leurs passions communes les ont fait se rencontrer dans une académie de danse K-pop à Lyon, Press Play. « Au début, il n’y avait qu’une seule classe, on était six, et ça a vite grandi, explique-t-elle. On est devenues amies et on a décidé de créer notre propre crew. Aujourd’hui, on est officiellement dix membres, de 20 à 25 ans, mais on est parfois plus ! »

Le Yag Crew a commencé par présenter des « covers », des reprises de tubes K-pop. « Mais ces dernières années, on essaie de s’ouvrir à plusieurs styles de danse, et à créer nos propres chorégraphies », précise Gabriela Lecourt. Par souci d’authenticité, la troupe tient à maîtriser les bases de la danse traditionnelle coréenne : « La création qu’on présentera ce week-end à la Korean Touch nous a été commandée par l’association France-Corée pour la Fête consulaire, ajoute-t-elle. Et on a eu la chance d’avoir une danseuse venue tout droit de Corée, Mme Moon, qui nous a coachées pour vérifier qu’on respectait bien les bases. »

Une pop culture économiquement puissante

A première vue, K-pop et tradition paraissent antinomiques. Or, c’est peut-être bien leur fusion qui explique comment la pop culture coréenne a conquis le monde. Alyssia Gaoua explique que « la K-pop a permis à beaucoup de gens de découvrir la Corée par un biais assez facile, en proposant des K-dramas, des cours de cuisine, pour donner envie aux gens d’approfondir par eux-mêmes ».

Les jeunes danseuses sont bien conscientes du côté fabriqué et commercial de la K-pop : « La stratégie de la Corée était de copier la J-pop japonaise pour faire quelque chose de mieux, parce qu’ils traversaient une crise économique, poursuit Alyssia Gaoua. Ils se sont dit qu’il valait mieux produire ça chez eux pour en tirer les bénéfices économiques. Et ça a marché, d’abord dans leurs frontières, puis en Asie, puis ailleurs ! La Corée s’est même dotée d’un ministère consacré à la pop culture. » Un succès qui n’a pas échappé à son puissant voisin : « Aujourd’hui, le phénomène est encore discret mais la Chine essaie à son tour de copier la K-pop pour faire mieux… »

Le Yag Crew, lui, en sera l’ambassadeur rêvé à la Korean Touch, les 2 et 3 juillet à l’hippodrome de Vaulx-en-Velin. La troupe présentera au public quatre reprises de danses K-pop, « et deux versions d’une chanson traditionnelle, "Arirang", qui est reprise chaque année en festival, précise Alyssia Gaoua. On proposera une version mêlant danse des éventails et K-pop. » Tradition et modernité : le doublé gagnant de la culture pop coréenne.