Inflation : Grève nationale des chauffeurs routiers ce lundi

MANIFESTATION Les syndicats réclament une hausse des salaires

20 Minutes avec AFP
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Des routiers menaient samedi 7 décembre 2019 des actions de blocage sur plusieurs grands axes à travers la France pour protester contre la hausse de leurs taxes sur le gazole.
Des routiers menaient samedi 7 décembre 2019 des actions de blocage sur plusieurs grands axes à travers la France pour protester contre la hausse de leurs taxes sur le gazole. — AFP

Les syndicats du secteur du transport routier – CFDT, CGT, FO, CFTC, CGC – ont appelé ce lundi toutes les branches du métier à se mobiliser pour les salaires. Ils réclament une hausse des salaires, qui atteignent « difficilement » le smic, notamment pour faire face à l’inflation.

Routiers, transporteurs ou ambulanciers vont ainsi bloquer plusieurs zones industrielles de France. Une vingtaine de sites devraient être pris d’assaut, de Paris à Marseille en passant par Le Mans. La mobilisation intervient alors qu’un Conseil des ministres européens des Transports doit se tenir à Lyon mardi 28 juin.

Barrages filtrants à l’horizon

Des barrages filtrants avec distribution de tracts étaient organisés lundi matin à l’entrée de plusieurs zones industrielles un peu partout en France à l’appel des syndicats de routiers qui réclament des revalorisations salariales. Des barrages occasionnant des ralentissements étaient en place dès l’aube à Orléans (Loiret), Miramas (Bouches-du-Rhône) ou encore Lunéville (Meurthe-et-Moselle), d’après la CGT.

Dans les Hauts-de-France, deux barrages filtrants étaient mis en place à l’entrée de deux importantes zones d’activités logistiques, l’une à la sortie de Lille et l’autre près d’Arras (Pas-de-Calais) occasionnant d’importantes files de véhicules à l’heure de pointe. À Lille, sur une sortie d’autoroute en direction de Valenciennes, une cinquantaine de personnes en gilets orange CFDT étaient mobilisées, bloquant la sortie d’autoroute menant à la zone d’activité du Mélantois, non loin de l’aéroport, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le pouvoir d’achat « qui fond comme neige au soleil »

Ils distribuaient des tracts aux automobilistes, critiquant la « politique de l’autruche » en matière de salaire des « patrons du transport et du gouvernement », en dépit des « hausses successives dues à une inflation galopante et exponentielle, une forte pénurie de salariés (…) et le pouvoir d'achat qui fond comme neige au soleil ».

« La plupart des minimas des branches conventionnelles sont en dessous du Smic », a indiqué Fabien Michaud, délégué CGT-Transports. « En plus il n’y a pas de volonté du patronat (d’augmenter les salaires) car plus ils donnent des salaires proches du Smic, plus ils ont des exonérations », a-t-il ajouté. Les syndicats demandent la réouverture immédiate des négociations salariales après celles d’octobre qui avaient débouché sur une revalorisation des grilles de 6 %.

Un second round prévu en septembre

L’objectif de cette journée « est de se compter » dans la perspective d’une rentrée potentiellement agitée, selon Fabien Michaud. « On s’est fixé septembre pour un mouvement significatif si on n’a pas d’écho favorable du gouvernement et du patronat », a-t-il prévenu.

Un peu plus tard dans la matinée, les zones industrielles de Nantes (Loire-Atlantique), Caen (Calvados) et Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne) étaient à leur tour ralenties par des barrages filtrants. À 11 heures, les routiers avaient pour objectif d’installer le même dispositif devant l’entrepôt Amazon près de Metz. L’ensemble des professionnels du transport routier​, qui comprend les routiers mais aussi les chauffeurs de car, les ambulanciers ou les transporteurs de fond, sont appelés à la grève par une intersyndicale composée de la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CFE-CGC.